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avril 2013

  • 05 avrDe la psychanalyse en sciences de l’éducation : ruptures et continuités dans la transmission

    05 avr 2013
    Séminaires/Colloques

    Le premier colloque Cliopsy qui s’est tenu en novembre 2003 à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense avait pour but de contribuer à construire des liens entre les tenants d’une approche clinique d’orientation psychanalytique en sciences de l’éducation dans la perspective de créer un réseau de chercheurs. Un deuxième colloque Cliopsy s’est tenu à l’université Paris Descartes en novembre 2006 ; il visait à repérer les thématiques des recherches en cours dans ce courant au sein du champ de l’éducation et de la formation et à expliciter les enjeux épistémologiques propres à ce type de recherches en particulier dans leur lien à la psychanalyse. Le troisième colloque Cliopsy, en novembre 2009 à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, portait sur les dispositifs de formation et de professionnalisation articulés sur l’analyse clinique des pratiques dans le champ de l’éducation et de la formation.

     

    Le transgénérationnel dans la transmission de l’approche clinique d’orientation psychanalytique

    Le quatrième colloque, qui se déroulera à l’université Paris 8 St-Denis, s’inscrit dans une période de transition entre générations. Le moment semble opportun pour interroger l’histoire, la mémoire, la transmission qui opèrent afin d’envisager l’avenir. Quels sont les modalités et les processus d’affiliation à l’approche clinique d’orientation psychanalytique en sciences de l’éducation, quels sont les fondements de la légitimité de celles et ceux qui s’y inscrivent et s’autorisent à la transmettre ? Quelle formation suppose l’exercice de cette clinique ?

    Profitant du fait qu’en sciences de l’éducation à Paris 8, clinique et histoire travaillent ensemble, nous mettrons en lien, lors du colloque, le récit des filiations et la question des faits construits par les historiens. Cette rencontre sera également l’occasion de réfléchir à la manière dont nous nous emparons du concept de transgénérationnel dans nos recherches et à la place que nous faisons dans nos travaux cliniques avec les groupes et les sujets, aux questions du récit, des origines, de l’historicité. Comment, en effet, histoire et transgénérationnel sont-ils à l’œuvre, tant dans l’institution universitaire que dans les institutions éducatives, de soin, du social ? Comment les postures, les positionnements disciplinaires et professionnels en sont-ils affectés ?

    À l’occasion d’un travail historique et épistémologique, des « fantômes » ne manquent pas de se glisser entre récit et réalité, entre réalité et vérité subjective ; toute curiosité sur les origines comporte une part de mythe et contribue à la construction du roman familial. Qu’est-ce qui est en jeu dans la transmission de cette histoire ? Quel devenir pour l’approche clinique d’orientation psychanalytique en sciences de l’éducation ?

     

    La psychanalyse en sciences de l’éducation

    L’utilisation du terme « clinique » en sciences de l’éducation interroge. Ce terme est en effet employé dans des sens assez différents selon que l’on s’inscrit, comme c’est le cas pour nous, dans une orientation psychanalytique ou, par exemple, dans la clinique du travail, de l’activité, dans la psychologie sociale clinique, voire dans la sociologie clinique, pour ne citer que ces champs disciplinaires voisins du nôtre. Entre les différents courants invoquant la clinique aujourd’hui, où se situent les lignes de partage et les recoupements ?

    Reste vive également la question des objets que nous étudions en sciences de l’éducation, de leur délimitation, du champ des pratiques dans lesquelles ils s’inscrivent et de nos modes d’approche. En effet, dans notre discipline, nos objets d’étude sont situés dans des domaines très divers (activités de l’éducation, de l’enseignement, de la formation, du travail social, de l’insertion, du soin…), en même temps qu’ils sont pensés au carrefour d’approches théoriques et méthodologiques plurielles.

    La psychanalyse en tant que corpus théorique et posture clinique (ce qui n’exclut pas des courants et des controverses en son sein) peut-elle s’enseigner, se transmettre en sciences de l’éducation et comment ? En effet, le savoir issu de la clinique psychanalytique n’est pas un savoir universitaire stricto sensu. Ce n’est pas non plus un savoir expert sur l’autre, dont il pourrait être fait un usage instrumental et normatif. Nous soutenons qu’il ne saurait être transmis au sein de l’université sans prendre en considération la question de la subjectivité et celle du rapport au savoir dans le processus de la transmission et dans ses modalités. Cette transmission, dans ce cadre, nous engage, ainsi que celles et ceux qui la reçoivent et la partagent, à une approche et une posture spécifiques. À la suite de Devereux et de Revault d’Allonnes, nous continuons d’interroger cette dimension de la subjectivité qui, selon nous, n’est ni une aporie, ni un reste, ni une scorie dont il faudrait se méfier ou se débarrasser, mais une source de tensions fécondes pour la connaissance. Il n’en demeure pas moins que le statut scientifique de la subjectivité pose question : le débat reste ouvert quant aux modalités de réflexion/réflexivité du chercheur et à sa capacité d’en faire un moteur de compréhension. Il convient donc d’y revenir et d’envisager où nous en sommes aujourd’hui de ce travail sur l’implication, sur la relation entre objet et sujet de recherche, lorsque les « objets » sont aussi des sujets et que l’objet est, pour partie, dans le sujet chercheur. Comment s’articulent parcours, désir et contre-transfert du chercheur, d’une part, et exigence scientifique, d’autre part ?

    Par ailleurs, si nous admettons que dans le singulier des situations, dans la subjectivité du sujet, sont déposés, enchâssés, des composants, des traces du social-historique au sens de Castoriadis, selon quelles modalités mettre alors en liens la singularité des sujets ou des situations sur nos terrains de recherche ou de pratiques cliniques avec les dimensions du collectif, de l’institutionnel et du politique ? Comment les institutions, les collectifs et les sujets sont-ils aux prises avec l’impensé, avec les processus inconscients de déni et de reconstruction de la mémoire que la  psychanalyse et, différemment, l’histoire permettent d’éclairer?

    Dans les colonnes de la revue Cliopsy (créée en 2008) et au cours des trois précédents colloques internationaux du même nom, nous avons œuvré pour mettre en évidence en sciences de l’éducation la spécificité et la pertinence d’une approche clinique référée à la psychanalyse. Le  quatrième colloque Cliopsy poursuivra la réflexion dans ce sens, tout en l’éclairant par la discussion avec l’histoire et avec d’autres courants cliniques présents dans le champ de l’éducation et de la formation.

     

    Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site de Cliopsy

    Lieu : Université Paris 8, 2 Rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis