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décembre 2012

  • 03 décLes "EIP" entre réalité clinique et illusion scientifique

    03 déc 2012
    Conférences/Débats

    La question des enfants présentant un parcours cognitif et intellectuel accéléré, parfois même fulgurant, et qui seraient ainsi dotés d’une intelligence générale hors du commun interroge tous ceux qui s’intéressent au développement de la pensée infantile et à ses processus cliniques complexes. L’évaluation des effets et des performances de l’intelligence humaine, initiée habilement au début du XXème siècle, et poursuivie jusqu’à aujourd’hui par les psychologues du monde entier, a ouvert des voies d’exploration majeures, son corollaire étant l’utilisation problématique des mesures et de leurs représentations dans le champ social. De multiples concepts et références interviennent dans le domaine de l’intelligence ou plutôt  « des intelligences  », rendant difficiles les définitions consensuelles avec des conséquences pour la démarche nosologique et l’approche clinique.

    Jusqu’à ces vingt dernières années, la tendance sociale et professionnelle a été d’isoler et de reconnaître le haut potentiel intellectuel, de lui rechercher des caractéristiques psychologiques pouvant conduire à son identification comme dimension psychique et spécifique à part entière. Les termes d’enfants « surdoués » ou d’enfants « précoces » témoignent de cette longue période où l’on a pu s’accommoder de notions construites sur les principes scientifiques de l’époque, mais infiltrées de représentations culturelles et idéologiques. Par exemple, la stricte relation, longtemps admise, entre le niveau d’intelligence mesuré avec les  tests et la réussite scolaire (elle-même promesse de réussite professionnelle) a maintenu le grand public et les familles dans une pseudo-connaissance renforcée par l’apparente simplicité de compréhension et d’utilisation du QI.  

    Même si quelques personnalités morales et humanistes ont très tôt évoqué les risques d’instrumentalisation de ce méli-mélo théorico-pratique et en ont démontré même les réelles dérives sociales, l’évolution et le remarquable perfectionnement des pratiques d’évaluation des psychologues n’ont pu encore assurer une cohérence clinique satisfaisante du concept de haut potentiel intellectuel (désignation aujourd’hui préférée à celle de précocité, surdon et surdouance, ou différenciée de celle de talent).

    Le paradoxe réside probablement dans le souci de chercher à la fois de sortir les EIP – Élèves Intellectuellement Précoces, terme utilisé par le Ministère de l’Education nationale - de leur éventuelle marginalisation et des difficultés personnelles auxquelles ils peuvent être confrontés, et celui de vouloir leur reconnaître en même temps un « statut » spécifique au risque de la stigmatisation ou au prix de la justification parfois douteuse des seules données de la psychométrie.

    De la dévotion du QI aux données cliniques les plus fines, de la simplification réductrice aux modélisations les plus complexes, le domaine du haut potentiel intellectuel chez l’enfant suscite chez les psychologues des interrogations fortes qu’il est indispensable d’aborder dans le souci de la rigueur méthodologique, intellectuelle, clinique et critique.

    Le programme de cette journée propose dans un premier temps de présenter l’actualité scientifique par l’exposé des modèles et des travaux les plus récents (entre autres le concept de créativité, les apports des neurosciences, les troubles psychologiques associés …), puis de poser clairement la question de la clinique spécifique, de la psychopathologie et du contexte sociologique dans lesquels le haut potentiel s’exprimerait. Dans un second temps seront discutés, sur le principe du contradictoire, les conséquences de ces évolutions dans l’évaluation psychologique, la reconnaissance, le suivi (éducatif, scolaire) et la prise en soins des enfants concernés.

    La synthèse et les conclusions de cette journée clinique permettront d’interroger le rôle des concepts et des pratiques psychologiques dans le domaine de l’intelligence en général, bien au-delà de ses seules manifestations exceptionnelles.

    En conduisant leurs réflexions sur les conséquences éthiques et cliniques de leurs savoirs et de leurs actes professionnels, les psychologues et leurs collègues des disciplines associées s’inscrivent ainsi avec responsabilité dans un projet de participation sociale et citoyenne, en association étroite avec les institutions et les familles. 

     

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    Tarifs

    • Individuel : 55 €
    • Formation professionnelle : 95 €
    • Étudiant (moins de 26 ans) : 28 €

    Inscrivez-vous sur www.appea.org

     

    Lieu : Espace Reuilly, 21 rue Hénard, 75012 Paris