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février 2014

  • 07 févLes enjeux de la médecine personnalisée dans le domaine de la santé publique Regards partagés entre politique, médecine, droit et éthique

    07 fév 2014
    Séminaires/Colloques

    Colloque international France – Canada

    PALAIS DU LUXEMBOURG | Vendredi 7 février 2014

    Inscription obligatoire
    Possibilité de s'inscrire jusqu'à mardi 4 février à : http://horizonbiodroit.com/

     

    Les fulgurants progrès qui se sont opérés ces dernières années dans les domaines de la génétique, de l’informatique et des techniques jettent les bases d’une nouvelle approche de la médecine. Grâce notamment aux nouvelles méthodes d’analyse moléculaire, l’homme est désormais capable d’adapter les thérapeutiques aux caractéristiques biogénétiques d’une personne. L’être humain jusqu’ici appréhendé dans sa seule globalité, pourrait aussi l’être dans sa singularité.

    Les promesses de cette nouvelle approche diagnostique et thérapeutique sont multiples : optimisation des traitements médicaux du fait d’une prise en charge médicale profilée et adaptée, diminution des effets secondaires des traitements et donc des coûts qui y sont associés, voire anticipation de l’apparition d’une pathologie par la prise en charge préventive du risque chez un individu porteur sain. A terme, cette médecine préventive et/ou prédictive pourra, pour un moindre coût économique, se concentrer davantage sur le mieux-être de la personne.

    De telles perspectives présupposent cependant la mise au point de tests prédictifs et de médicaments de plus en plus performants, ce qui passe par l’identification des molécules responsables des anomalies, les biomarqueurs. Des tests génétiques sont d’ores et déjà vendus sur Internet pour quelques centaines de dollars qui proposent de déterminer à un stade précoce, à partir de la salive par exemple, des anomalies génétiques (ou des risques) dont nous serions porteurs.

    Pour autant, l’émergence d’une telle médecine « à la carte » pour « le bon médicament, à la bonne personne, au bon moment » est de nature à bouleverser notre vision de la santé publique et des mécanismes qui viennent la garantir. Une telle médecine repose en effet, pour être profitable, sur le postulat « plus grande et plus précoce est l’information de chaque individu sur son état de santé, mieux la prévention et/ou la thérapeutique pourront agir ». Or la connaissance précoce du « risque de santé » induit des effets potentiels. Nul doute en effet que le champ de l’ignorance de chacun sur son état de santé reculera, en même temps que la naissance du lien « patient »/médecin sera de plus en plus précoce : le patient vivant au cœur d’une société devenue de plus individualiste tend déjà à devenir un consommateur de soin. La frontière entre le normal et le pathologique tendra dés lors à s’émousser, les porteurs sains pouvant être médicalement pris en charge. Car la médecine personnalisée est avant tout une médecine participative qui fait peser sur le patient une responsabilité accrue dans la prise en charge de sa propre santé.

    Dans un tel contexte, les règles juridiques classiques sur les droits des malades, l’information et le consentement du patient, les obligations des praticiens et la responsabilité médicale devront évoluer. Les principes fondamentaux tels que le droit aux soins, l’égalité et la non-discrimination devront pareillement faire l’objet de nouvelles appréhensions. Ces changements de paradigme impacteront en outre l’économie de notre assurance maladie (comment par exemple organiser la détection et pour quelle politique de santé ?), les relations passées avec les compagnies d’assurances et les mutuelles (un assuré qui conclut un contrat d’assurance doit par exemple informer l’assureur de son état de santé) ou encore l’organisation de la recherche pour mettre au point des médicaments.

    Mutations de l’assurance maladie, des assurances santé et mutuelles, adaptation nécessaire de la recherche et du droit médical qui vient protéger le patient ou encore évolutions sociétales : autant de réflexions que ce colloque se propose d’aborder à travers quatre tables rondes, dans une approche transversale et pluridisciplinaire.

    Pour ce faire, des juristes, médecins, patients, scientifiques, économistes, anthropologues, philosophes, éthiciens et parlementaires donneront leur avis sur les enjeux de santé publique, économiques, éthiques et sociaux liés à la médecine « personnalisée ». L’objectif est d’enrichir la réflexion naissante en ce domaine.

    Plus d'informations sur le site de l'événement