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Une arme massive : le rire !

La rigologie, la rigolothérapie, la thérapie du rire ou la gélothérapie : ces termes désignent tous la même discipline, à savoir une pratique psychocorporelle entremêlant des techniques de neuroscience, de psychologie positive et de psychothérapie, pour travailler sur sa relation avec soi, mais aussi sa relation avec les autres, afin d’arriver à un bien-être profond. La rigologie c’est se soigner par le rire.

En pratique, des ateliers de ‘’yoga du rire’’ sont organisés partout en France depuis 2002. En effet, des docteurs en rigologie, ou des rigologues, diplomés et certifiés animent des ateliers pour des professionnels ou des particuliers et leur apprennent à se soulager des pressions quotidiennes. Car telle est l’ambition de cette nouvelle pratique : en rigologie, on n’apprend pas à rire, on n’apprend à se faire du bien !

La rigologie

© Le Chat - Philippe Geluck

 Aujourd’hui, le rire est considéré comme un instrument thérapeutique. Puisque, à l’instar d’une bonne séance de sport, le rire sécrète de l’endorphine, l’hormone qui nous procure une sensation de bien-être. Effectivement, le rire présente de nombreux bienfaits, parfois méconnus. Entre autres, il est un anti-stress naturel qui permet de lutter contre la dépression, a des effets positifs sur le sommeil, stimule le système immunitaire, sollicite l’abdomen et donne de l’énergie. De plus, les rigologues avancent que le rire permet de s’intégrer socialement, de se libérer des inhibitions et rendrait les individus plus chaleureux et séduisants.

 Cependant, les statistiques démontrent que nous rions de moins en moins. En 1939, les français riaient en moyenne 20 minutes par jour, en 1983 cette moyenne avait déjà chuté de 50%, et en 2014, la moyenne tombait à moins de 5 minutes par jour. Et c’est face à cette morosité envahissante que Corinne Cosseron, rigologue formée à la psychologie positive, a créé l’École Internationale du Rire en 2002. Cette école propose donc des séances de sophrologie, de relaxation mais surtout, des formations en rigologie et en psychologie positive.

 Ces rigologues dispensent par la suite des séances de rigologie, plus connues sous le nom de yoga du rire. On s’y inscrit comme à une séance d’acupuncture ou de sophrologie : tout le monde peut le faire, mais ce n’est pas encore remboursé par les mutuelles. Cette psychothérapie se pratique en groupe, puisqu’il est rare de rire seul. Pendant un atelier, le rigologue propose des exercices à faire tous ensemble : les débutants se forceront à rire, tandis que les initiés riront de façon totalement naturelle. Et c’est ce qui fait défaut à cette pratique : lorsque l’on parle de rigologie, les personnes interrogées voient cette pratique comme improductive puisque se forcer à rire, ce n’est pas rire. Or, les rigologues et les pratiquants affirment que ce n’est qu’une première étape et que ce sont les dictats de notre société qui nous empêcheraient de rire de bon cœur au début de ces séances. Puisque rire sur commande ou se rendre ridicule n’est pas dans nos habitudes. Or, pendant une séance de rigologie, on se rend ridicule, on voit les autres se rendre ridicules, et on en rit, puisque c’est ce ridicule qui nous amène à rire, à se lâcher et à se sentir bien in fine.

 

Marion Payet