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Que veux-tu faire quand tu seras grand ?

Comment se porte l’Université en France en 2017 ? Décrochage dès les premiers mois de rentrée, fiasco du système APB, les études supérieures en France semblent bien malades.

Si la France se retrouve avec la Belgique aux premiers rangs après l’Allemagne, quant aux coûts des études universitaires en Europe, il n’en va pas de même concernant le taux d’abandon des étudiants dès le premier semestre de Licence.

On recense en effet 60% d’échec en premier cycle, dont un quart des étudiants décrochant dès la première année de licence.

Eu égard à ces chiffres, le passage du lycée à l’Université apparaît tel un pont bien fragile débouchant sur beaucoup d’incertitudes et de désillusions.

D’après Madame Diana Abdoulaye, vice-présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), les lycéens doivent attendre en moyenne un ou deux mois pour avoir un rendez-vous avec un conseillé d’orientation. Les syndicats clament le fait qu’il faudrait un accompagnement personnalisé. Le décrochage en première année viendrait-il d’un manque de conscience et de moyens pédagogiques mis en place par le ministère de l’éducation ? Les jeunes, adultes en devenir, sont-ils suffisamment informés sur les différentes filières et leurs caractéristiques d’apprentissage en vue de pouvoir construire un projet professionnel réaliste ?

Si nous prenons pour exemple le discours de rentrée en UFR de psychologie, nous pouvons être bien surpris des propos tenus aux étudiants. Un préambule sur le fait qu’ils sont inscrits dans un cursus qui sera, pour la plupart, bien différent de leur vision sur les métiers du psychologue. Un constat à priori normal, qu’au bout d’un mois et demi environ, un quart des admis décrocheront car très loin de ce qu’ils pouvaient imaginer. Ce discours peut paraître affligeant car annoncé comme un fait normal et récurent.

L’orientation et la selection : clés de voute du système ?

On peut alors s’interroger sur le mode d’orientation et de sélection. Jimmy Losfeld, président des associations générales étudiantes (FAGE) souligne le besoin de placer le jeune au centre de son orientation, sa formation et de la construction de son parcours. Les prérequis ne peuvent être les garants d’une réussite aux hautes études. D’après lui, il faudrait un tuteur virtuel pour l’aider et répondre à ses questions.

La ministre de l’enseignement supérieur, madame Frédérique Vidal va proposer courant de ce mois de novembre 2017 une refonte complète du système APB. Il est à noter que 87000 jeunes se sont retrouvés sans affectation sur cette dernière rentrée.

Nous ne connaissons pas encore tous les tenants de cette réforme mais la ministre a annoncé d’ores et déjà la mise en place d’un comité d’éthique et la fin du tirage au sort. En outre, il y aura une possibilité restreinte du nombre de vœux possibles (24 vœux maximum lors de la dernière session d’inscription APB), afin d’éviter des choix arbitraires sans projet professionnel.

La création d’un contrat de réussite étudiant afin d’accompagner les lycéens dans leur choix d’orientation permettra-t-il à chacun de trouver sa place et de réduire la proportion d’échec et d’abandon ?

Rendez-vous l’année prochaine pour faire un point sur les nouvelles admissions et leurs devenirs.

Olivier Bellili

Encadré :

Les grandes lignes de la réforme
-  Fin du tirage au sort pour les lycéens. Ils auront 10 vœux à formuler à partir du 15 janvier
-  Les choix des lycéens seront ouverts à toutes les filières
-  Les lycéens recevront les réponses concernant leur admission avant le bac
-  Une commission sera mise en place pour les lycéens dont aucun vœux n’aboutirait. Pilotée par le recteur, elle aura pour mission de proposer une formation adaptée aux choix initiaux du lycéen.