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La fusion des universités : une histoire de longue haleine !

Avez-vous entendu parler du projet qui nous unit à l’Université Paris Diderot et l'Institut Physique du Globe de Paris ? Une série d'articles pour enfin vous donner les clefs pour comprendre ce que signifie fusion des universités.

La fusion des universités, durant les dernières élections étudiantes pour le Conseil d’Administration (CA), la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU) et la Commission de Recherche (CR), vous n'avez entendu parlé que de ça. Mais, la grande question est : qu'est-ce que ça veut dire « fusion des universités » ? C'est ce que nous allons essayer de vous expliquer durant toute une série d'articles, dont celui-ci, le premier, va raconter l'histoire de ce projet.

La fusion, ce n'est pas nouveau et ce n'est pas uniquement un projet parisien, certaines universités ont déjà sauté le pas, comme celle d'Aix-Marseille. Mais pour en comprendre les enjeux, il faut déjà connaître une chose : l'IDEX.

Qu’est ce qu’un IDEX ?

L'IDEX, ou initiatives d’excellences, est un label du gouvernement, qui offre des subventions au regroupement d’universités et d’établissements qui l’obtiennent. Ces regroupements se doivent de répondre à certains critères favorisant l’émergence d’une recherche et d’un enseignement de très haut niveau permettant aux établissements réunis de bénéficier d’une meilleure visibilité nationale et internationale. L'attribution de l'IDEX est décidée par un jury international.

Qu'est-ce qu'une ComUE ?

C'est dans le but d'obtenir cet IDEX qu’en 2010, se créé le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) Sorbonne Paris Cité, qui deviendra la communauté d'universités et d’établissements (ComUE) Université Sorbonne Paris Cité (USPC). Elle est composée de 13 membres, dont Paris III (Sorbonne-Nouvelle), l’Université Paris Descartes (Paris V), l’Université Paris Diderot (Paris VII), Paris 13 (Paris XIII), l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et Sciences Po. Vous connaissez tous la ComUE : c'est elle qui est représentée au dos de notre carte étudiante ! La ComUE obtient l'IDEX, comme désiré, en 2012.

Les faits

Il faut comprendre que le projet originel du PRES, repris par la ComUE consistait en une fusion lente d’une partie des établissements membres, leur permettant de conserver leur identité propre au cours de ce processus. Mais, en avril 2016, le jury décide de supprimer l'IDEX attribué en considérant que cela n'allait pas assez vite. La réaction ne se fait pas attendre : en juin de la même année, les Présidents des quatre universités membres expriment leur intention d'un nouveau projet de fusion au 1er janvier 2019. Quelques mois plus tard, en octobre, Paris 13 ne fait plus partie de la fusion, mais restera dans la ComUE. En décembre 2016, les conseils d'administrations votent les modalités de la fusion.

Mais, en septembre 2017, nouveau changement ! Tandis la Sorbonne-Nouvelle (Paris III) se retire du projet et que l'IPGP et Sciences-Po le rejoignent, les modalités de la fusion changent, au profit d'un projet alternatif « à la dimension internationale et à l'ambition renforcée » qui nécessite des statuts dérogatoires au fonctionnement traditionnelle et légale d'une université. Le 26 du même mois, Sciences-Po se retire à son tour du projet, évoquant un calendrier trop rapide auquel ils n'ont pas le temps de s'adapter.

Aujourd'hui

Aujourd'hui, le projet se présente ainsi : une grande université d'un nouveau genre mêlant Paris Descartes, Paris Diderot et l'IPGP – ce dernier continuant à exister tel quel à l'intérieur. Les statuts de cette nouvelle université, dénommée Université de Paris, doivent faire l’objet d’un vote des trois conseils d‘administration des établissements membres. Le projet Idex sera déposé le 18 décembre prochain.

Un projet source de tensions

Il y a des soutiens à ce projet : plusieurs directeurs de composantes ou d'unités de recherche, particulièrement en santé, les listes majoritaires chez les enseignants-chercheurs, qui ont élues les présidents et présidentes et aussi le gouvernement. Mais il y a également de nombreux détracteurs : des organisations étudiantes, des syndicats du personnel, des listes minoritaires... A Paris Diderot, par exemple, des referendums ont été organisés dans certaines UFR. A ce jour, les conseil d’administration de l’IPGP et de Paris Diderot ont voté en faveur de ces nouveaux statuts respectivement les 7 et 12 décembre dernier. Le vote n’a pas pu avoir lieu lors du CA de l’Université Paris Descartes le mardi 12 décembre. Envahie par une trentaine d’étudiants, la séance a été levée et le vote des nouveaux statuts reportés à une date non-communiquée à l’heure actuelle.

 Nous vous présenterons les arguments des uns et des autres dans les prochaines Newsletters.

A bientôt !

Louise Zanni