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Nawel Madani à l’affiche de son premier film « C’est tout pour moi »

Rencontre avec Nawell Madani a l'occasion de la projection en avant-premiere de son film « C’est tout pour moi ».

nawel madani

« C'est tout pour moi » est un film franco-belge réalisé par Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin. Originaire de Belgique issue d’une modeste famille Algérienne, Nawel Madani se lance dans la réalisation d’un film se donnant le rôle principal qu’elle incarne sous le nom de Lila, une jeune fille rêvant de devenir danseuse. Comme dans pratiquement toutes les familles maghrébines ce rêve n’est pas vécu de la même manière et donne lieu à de nombreuses réticences. La peur d’un monde artistique où règnent beaucoup de sacrifices et peu de garantie mène Omar le père de Lila a lui interdire la danse. Malgré tout, Lila décide de débarquer à Paris pour réaliser son rêve. Elle va cependant se heurter à diverses déceptions en découvrant la réalité d’un monde très difficile d'accès. Lila ne perd pas espoir pour pourtant et tente de se lancer dans une carrière d’humoriste, avec l'aide de son professeur, Fabrice. Elle n’a alors plus qu’une idée en tête : briller sur la scène, voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père. « C’est tout pour moi » n’est pas seulement un film urbain ou de stand up mais c’est surtout un film qui parle des liens familiaux, de l’amour d’un père envers sa fille qui n’a pas de frontière, pas de tradition, pas de couleur et surtout pas religion.

Une question bateau s’impose et lui est posée lors de son avant-première : D’où est venue l’idée à Nawel Madani de réaliser ce film ? Elle y répond simplement, qu’en 2014 un producteur a poussé les portes de son théâtre, et la trame qui était visible sur scène était celle de l’amour d’une fille pour son père qui part à la conquête de la fierté de son père. Le producteur inspiré par cette belle histoire lui propose de réaliser un film et delà ils ont gardé cette ligne directrice à laquelle ils y incorporaient des évènements qui auraient pu ou non arriver à Nawel Madani. La brulure avec la friteuse étant jeune, dissimulée par une casquette par Lila, est réellement arrivée à Nawel Madani, lui a permis, en retranscrivant une partie de son vécu, de redonner de l’espoir a ceux qui ont souffert ou qui souffrent d’un handicap.

Ce projet au départ n’était pas très clair pour Nawel Madani qui ne savait pas où ça allait la mener, mais se laissant tenter par une liberté d’écriture vit au fur et mesure naître un récit où elle y raconte une version romancée de sa vie assez touchante qui peut en inspirer un grand nombre d’entre nous. Un récit à la fois émouvant et révoltant pour ceux qui s’y reconnaisse ou non. Elle souligne que ce film n’est pas un récit autobiographique même s’il s’inspire beaucoup de sa vie, elle essaie de véhiculer à travers son film l’envie de réussir et d’aller aux bouts de ces rêves et de ces passions. Un véritable cocktail d’acteurs Nawel a su jouer subtilement entre la « old school » et la « new school ». Elle souligne qu’elle s’est détachée des acteurs connus pour donner la chance à des acteurs à qui l’ont n’aurait pas forcement pensé tout en réunissant des acteurs d’anciennes générations tel que François Berléand ou encore des rappeurs connus dans le monde de la musique comme Fianso. Sur place est présent Mimoun Benabderrahmane originaire d’Algérie, qui gagnait sa vie en tant que chauffeur VTC. Remarqué par son identité vocal, Nawel Madani lui proposa de se joindre à elle pour la réalisation de son film. Sceptique Mimoun finit par accepter, gara sa voiture le temps de 5 semaines de tournages, ce qui lui permettra de payer ses petites dettes. Aujourd’hui Mimoun tourne son deuxième film et est très fière de montrer que le succès n’a ni d’âge ni d’origine. Nawel Madani affirme alors que 90% des acteurs sont amateurs, ce qui laisse une chance aux nouveaux de s’insérer dans un monde souvent très difficile d’accès, un monde de rêve ou de cauchemars tout dépend du point de vue mais surtout un monde de passion.

Pour terminer sur une bonne note, Nawel Madani explique avec beaucoup d’émotions que l’absence du rôle de sa mère est un choix purement personnel au vu du départ précipité de son amie, Akela Sari, suite à un cancer du sein avant la fin du tournage du film. Nawel rend alors hommage à celle qui l'avait "poussée à faire du théâtre", un moment touchant qui montre que malgré les épreuves que nous pouvons traverser on peut se relever et s’envoler.

Yasmine Chiah