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Frédéric Dardel : le nouveau président de l’Université Paris Descartes

Les Petits Papiers ont rencontré le nouveau président de l'Université Paris Descartes. Mettre en place l'Université Sorbonne Paris Cité, voici la tâche principale qui revient à Frédéric Dardel durant son mandat.

Bienvenue dans les locaux de la présidence de l’université ! Alors que nous montons au second étage du bâtiment de la rue de l’école de médecine, notre regard croise les photographies de ceux qui l’ont présidée depuis sa création, en 1971. Tous sont là, de Jean Frézal jusqu’à Axel Kahn.  Frédéric Dardel, en poste depuis la fin 2011, nous reçoit dans les salons de la présidence !

Frédéric Dardel

Un étudiant brillant 

Titulaire du baccalauréat à l’âge de seize ans, cet « étudiant précoce » intègre l’École polytechnique après deux années de classe préparatoire. Durant cette période, il effectue son service militaire à Berlin, « une riche expérience humaine qui m’a fait devenir adulte ». «  A cette époque, nous étions en pleine guerre froide, il y avait encore le mur entre l’est et l’ouest. Un jour, avec mon peloton, j’ai gardé Rudolf Hessà la prison de Spandau, le dernier prisonnier de guerre nazi… Cette année reste une expérience qui m’a profondément marqué ».

Sorti de l’« X » à seulement vingt-un ans, Frédéric Dardel, alors officier, devient doctorant et poursuit une thèse dont le déroulement a été « terriblement merdique » nous confie-il avec un sourire amusé. « On apprend plus quand ça ne marche pas », en admettant toutefois que « les étudiants subissaient à l’époque une pression beaucoup moins importante qu’à l’heure actuelle ». Cela lui permet de devenir chercheur, le métier dont il a toujours rêvé. Il opte alors pour la biologie, un domaine appréciable pour son côté expérimental et donc créatif.

Parallèlement, son intérêt pour les ordinateurs et les jeux de rôle le porte à devenir pigiste puis conseiller pour le magazine Science & Vie Micro (SVM). « Un bon souvenir et une longue collaboration de plus d’une centaine d’articles ».

Une carrière internationale

Après avoir été recruté au CNRS, Frédéric Dardel continue sa carrière à Cambridge, « université de luxe mais très cosmopolite » et enseigne alors en langue anglaise !  « Des dizaines de groupes d’étudiants venus de tous les pays se formaient et se regroupaient par nationalité sur le campus, ce fut une manière de découvrir la culture universitaire anglo-saxonne ». De retour en France au sein du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en plus de ses travaux dans son laboratoire d’origine, c’est en 2000 que M. Dardel effectue son entrée à Paris Descartes, en rejoignant la Faculté de pharmacie.

 Il convient alors de trouver les financements adéquats pour équiper un laboratoire datant de 1936 et récupéré « en l’état ». L’opportunité parfaite de tisser un réseau professionnel qui va lui permettre, quatre années plus tard, de se voir proposer le poste de directeur scientifique adjoint du département des Sciences du Vivant au CNRS. Pas question pour autant d’en oublier l’université, les fonctions au sein des deux organismes seront assurées jusqu’en 2007. Cette année-là, c’est le poste de directeur scientifique du département des Sciences du Vivant qui lui est proposé. Ces différentes expériences lui offrent  une vue d’ensemble du monde de la recherche et de l’université. Ces raisons amènent Axel Kahn à lui proposer de candidater à la présidence de Paris Descartes.

Une présidence mouvementée 

L’agenda d’un président d’université est chargé. Cela est dû en partie, au mode de fonctionnement  « présidentiel » de l’université, dans lequel la hiérarchie est facilement remontée, obligeant le président à prendre de nombreuses décisions. Actuellement, un grande partie de son temps est occupé par le PRES et l’IDEX, ce grand projet visant la fusion de Paris Descartes avec sept autres entités parisiennes au sein de l’Université Sorbonne Paris Cité (USPC).

Initiée sous la présidence d’Axel Kahn, il s’agit « désormais de faire de la fusion de ces structures une réalité ». Une tâche ardue ! « Fusionner les composantes et mélanger les cultures des différents établissements sont des tâches difficiles ». S’agit-il de gagner en visibilité ? Frédéric Dardel préfère parler de réputation, en adressant d’ailleurs des petites piques aux divers classements d’universités (comme le classement de Shangaï). Aujourd’hui limitée, la représentation de l’université dans le monde pourra augmenter lorsqu’elle sera intégrée à une entité commune.

Un président pour les étudiants

Frédéric Dardel veut s’attaquer de front à l’échec universitaire qui, selon lui, survient principalement lors des premières années. « Chaque année des centaines de jeunes sont laissés sur le bord de la route après avoir passé quelques mois ou quelques années à l’université. Il faut que cela cesse ! L’un des objectifs majeurs de l’Université Sorbonne Paris Cité sera de réduire considérablement le taux d’échec en licence et de proposer des filières de réorientations plus efficaces et pertinentes. » Par ailleurs, la qualité de vie étant un facteur de réussite, il est nécessaire de développer « la qualité de vie étudiante ». Problème ? L’aspect foncier et le coût du mètre carré dans la capitale. Sur ce point également, la fusion des établissements au sein de l’USPC permettra d’optimiser l’utilisation des lieux, de libérer et de construire des nouvelles résidences pour les jeunes.

 

A. Augustin, F. Dumont, V. Jouglard et F. Tournefier
 Master MIAGE