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Raconte-moi les technologies

Raconte-moi les technologies

« Raconte-moi les technologies.. » c’est l’histoire d’une animation scientifique mise en place par l’association Atomes Crochus. Cette association a les idées grandes pour exprimer ce que sont les Sciences.

Ronan James, médiateur et chef du projet « Raconte-moi les technologies » me raconte les débuts de ce projet ambitieux. « La philosophie d’Atome Crochus », me dit il, « est de replacer les sciences dans la culture grâce au croisement entre art, pédagogie et sciences sociales, en les faisant toutes trois converger vers un contenu scientifique. ». Les membres, présents dans la salle où sont entassés toutes sortes d’objets insolites, de papiers, d’affiches aux murs, gravitent autour de nous avec de grands sourires curieux. « Chacun est passionné de médiation scientifique et possède un bagage en philosophie, en science sociale, etc… » reprend Ronan. « C’est en mettant nos idées différentes, mais notre passion commune pour la science, ensembles, que nous essayons d’innover en matière de médiation.»  

Mais qu’est ce que la médiation scientifique, comment fait on de la médiation scientifique ? Les yeux de Ronan s’illuminent : « Dans l’idée de médiation il y a l’idée d’interaction, le public qui participe aux animations détient une part du savoir et une part du contenu. Par exemple dans un atelier comme « les expériences impossibles», les jeunes apportent la solution à une expérience qu’on leur propose. Depuis 2 ans nous travaillons sur un projet, qui est « intergénérationnel » car il s’adresse aux enfants et aux seniors, avec l’idée que la diversité des vécus peut être une base à la médiation. L’hétérogénéité du groupe permet à chacun d’apporter son histoire et sa culture scientifique, et d’interagir. Plus la diversité est importante, mieux la dynamique et l’apprentissage fonctionneront. » Et l’atelier Raconte moi tes technologies ? « Pour cet atelier, on utilise des objets, jouets, audiovisuels, anciens et récents de la vie quotidienne et à partir de là, le but est de montrer au public que leur ressenti par rapport à ces objets est une vraie base de connaissances scientifiques et technologiques, une base concrète. »

Je me rends donc le lendemain à Orsay pour participer à ce fameux atelier. Simone 62 ans, Aude 5 ans, Bernard 90 ans, Jeanne 3 ans, Elias 11 ans… Chacun s’installe et observe les objets devant lui. Une cassette audio, un lecteur mp3, une caméra super 8, une tablette tactile, un mange-disque, et d’autres merveilles incitent la curiosité des personnes déjà emportées dans les histoires et les souvenirs de chacun. Le lien se fait tout de suite, on parle à son voisin, l’un haut comme 3 pommes, l’autre de 3 fois son âge. Chacun se met à l’aise. Mais chut ! Fabien, le médiateur, prend la parole : « Il n’y a qu’une règle ici, ce n’est pas moi seul mais chacun de vous qui doit apporter son expérience. » Nous prenons le premier objet, l’appareil avec Flash ampoule, et Bernard nous raconte qu’il n’en a jamais voulu à son époque parce que ça ne tenait pas bien longtemps, ni les Flash à magnésium, parce que eux brulaient les doigts. Aude dit en avoir déjà vu dans ses BD Mickey… Et déjà l’heure a tournée et nous avons fini. On se sourit et on se dit à bientôt, sur un autre atelier peut être ? Certains ici sont des habitués des spectacles et animations de ce genre, et on s’échange les infos.

Je réussis à interpeller Fabien, notre brillant médiateur. Que pensez-vous de cet atelier ? « Le public est au cœur de la médiation. Les plus anciens apprennent aux plus jeunes et, ce qui est plus rare, les plus jeunes aux plus anciens. Par exemple avec le stéréoscope. [Un stéréoscope est un outil optique à oculaires, à prismes ou à miroirs, destiné à l’examen de dessin,  photographie, vidéo, images de synthèse.], l’ancien nous explique comment fonctionne le stéréoscope, le jeune nous amène à parler du cinéma 3D. Un vrai échange se créé. »

Et qu’en pense le public ? Quelques jus d’orange et biscuits sont proposés aux gourmands en fin d’atelier, pour continuer ce lien social qui s’est créé le temps d’une après midi, sans doute. Petits et grands sont encore pleins de l’ébullition de l’atelier. On veut en savoir plus, on demande à notre voisine de nous parler encore de ses vieux tourne-disques.  Lilas 8 ans me dit qu’elle a découvert de nouveaux objets, « ça m’a beaucoup plu » dit elle, les yeux pétillants de curiosité enfantine ; un peu plus loin j’entends Marie-Claire 69 ans, parler de ses jeunes années « Cela me rappelle des souvenirs d’enfance et de mon époux qui était photographe », et elle nous raconte les filtres et les pellicules, la chambre noire et les réglages, sous les yeux ébahis des jeunes. Simone 62 ans qui suit la conversation me confie : « Les enfants ont vraiment beaucoup d’idées, c’est très agréable ». Enfin Elias 11 ans, finira cet article mieux que moi : «Ce que j’en ai conclu c’est que notre époque est vraiment plus moderne qu’avant et qu’il y a encore des objets qu’il me reste à découvrir dans ma vie. ».

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