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La foi chez les jeunes : une foi 2.0

L’élection d’un nouveau Pape n’aura échappé à personne grâce au traitement des médias et aux relais de l’information sur les réseaux sociaux.

Les représentants des différentes religions monothéistes (catholique, juive ou musulmane) s’expriment de plus en plus via les nouvelles plateformes de communication et entrent dans l’ère de la « foi 2.0 ». La rédaction des Petits Papiers de Descartes tente de comprendre cette démarche en allant à la rencontre de deux représentants de confessions différentes : Père Arnaud Goma, curé de la paroisse Saint-Denys de la Chapelle dans le 18ème arrondissement et Abderrahmane Belmadi responsable pédagogique à la Grande Mosquée de Paris.

Pourquoi communiquer sur les réseaux sociaux ?

«Le monde jeune est difficile à approcher. Les jeunes ont une vision particulière de la foi et nous devons faire un effort pour qu’ils ne considèrent pas la religion comme quelque chose d’anachronique. La communication via les réseaux sociaux en est un moyen et nous devons nous adapter pour essayer de répondre à leurs attentes » explique le Père Arnaud. De son côté,  Abderrahmane Belmadi est plus affirmatif et parle d’une véritable « exigence » de la part de la jeunesse actuelle.

 « Nous devons utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication.  C’est aussi une exigence de la vie de tous les jours, c’est le modernisme qui l’impose » affirme Abderrahmane Belmadi. « Si on ne fait pas ça, on risque de rester dans le passé, et de creuser le fossé entre nous et la jeunesse » confirme le Père Arnaud.

Comment se passent les échanges ?

Tout d’abord, explique le père Arnaud, il y a la nécessité sur les réseaux « d’adopter un message, clair, simple et direct : il faut arrêter de parler dans notre jargon et nous donner les moyens de rentrer dans l’univers des jeunes ».

« Il n’y a pas que de la consommation d’informations, mais ces réseaux doivent être le moyen de les écouter, d’entendre ce qu’ils ont à dire et comprendre leurs soucis » explique le responsable pédagogique à la Grande Mosquée de Paris.

Ainsi de nombreuses questions reviennent fréquemment par le biais d’internet : « l’homosexualité, le mariage, le sens de la vie, les relations avec ses amis »  pour le Père Arnaud et « la médecine, la sexualité, le mariage mixte, l’environnement, l’alcoolisme, la crise financière et le couple » pour Abderrahmane Belmadi. Et eux de répondre : « nous ne sommes pas là pour juger mais uniquement pour exposer le point de vue de la religion ».

« Les jeunes ne doivent pas être négligés, ils sont curieux et ils enrichissent les débats, ils abordent des choses qu’on peut ne pas connaître » confie Abderrahmane Belamdi.

Père Arnaud lui, conclut sur un trait d’humour : « il faut leur faire confiance aux jeunes, parce que mine de rien ça fait un peu peur la jeunesse, c’est comme une maladie contagieuse, on est tous passé par là mais on oublie rapidement ».

Zafiirah Mahamudally