Bienvenue sur le site de l'université Paris Descartes

Écrire, éditer, publier à l’ère du numérique

Quid de l’édition à l’ère du numérique ? A l’heure d’Internet, des blogs et des réseaux sociaux, la multiplication des supports éditoriaux a t’elle permis de dénicher des nouveaux talents pour les éditeurs ? Les Petits Papiers se sont penchés sur la question…

Depuis près de 40 ans maintenant, les claviers d’ordinateurs ont tendance à remplacer nos anciennes plumes. Avec l’arrivée d’Internet, les adresses email, les messageries instantanées et les réseaux sociaux sont devenus les nouveaux moyens de communication entre individus. L’apparition des blogs a fait potentiellement de chacun d’entre nous un écrivain ou un journaliste en herbe. Certains réussissent même l’exploit de se faire repérer par des éditeurs et d’être publiés grâce à Internet. Dernièrement, ce fut le cas  du fameux Cinquante nuance de Grey qui a connu un succès planétaire. Ecrire sur le web pourrait-il être un nouveau moyen d’attirer l’œil des sociétés d’éditions ? Internet est-il un réel avantage lorsqu’on cherche un éditeur sérieux (qu’il s’agisse de fictions, poésies, romans historiques...) ?  Pour nous aider à y voir plus clair et afin d’avoir le point de vue d’un professionnel sur l’impact de l’utilisation des réseaux sociaux, blogs et autres moyens de cyber communication, nous avons sollicité Mr Philippe Clémençot, directeur général des éditions Armand Colin, qui a volontiers accepté de répondre à nos questions.

Un parcours du combattant

Tous ceux qui ont le goût de l’écriture et qui rêvent de voir leur prose être éditée et publiée (cela s’entend de manière rentable et reconnue) savent à quel point il est difficile de réaliser leur projet. La méthode dite traditionnelle consiste à préparer son tapuscrit et à l’envoyer par voie postale dans autant de maisons d’éditions que possible – tout en essayant de respecter la ligne éditoriale de la société en question afin de ne pas perdre d’argent et de temps. Puis l’apprenti écrivain rêve le jour où il sera éventuellement contacté par l’une d’entre elles pour s’entendre dire à quel point ses écrits sont absolument fabuleux et à quel point il est indispensable qu’il soit publié. Ce moyen qui pourrait vous sembler désuet est encore l’un des plus usités par les auteurs puisque les maisons d’éditions sont inondées d’envois de tapuscrits chaque année (de l’ordre d’un millier par an chez Nathan).

Une méthode moins traditionnelle mais d’un « nouveau » genre consiste à se servir des réseaux sociaux, des blogs, pour se faire connaître.  En effet, plutôt que d’adresser votre merveilleux pavé de 400 pages à un éditeur, il est une manière :

-  Beaucoup plus ludique : en adressant un courriel dans lequel on se présente brièvement ainsi que son manuscrit, accompagné de la table des matières et d’un ou plusieurs extraits représentatifs, d’un « lien » internet qui permettra au destinataire de voyager quelques instants dans l’univers de votre roman grâce à votre blog ou site internet.

-  Beaucoup moins onéreuse : vous n’aurez jamais de frais d’envoi avec votre courriel (si ce n’est votre abonnement internet mais comme vous êtes déjà accro au cyber espace, cela fait déjà partie de vos frais mensuels) et exit les frais d’impression tant que vous n’avez pas eu de réponse de l’éditeur pour vous demander une copie de votre roman (et là le jeu en vaut la chandelle).

-  Beaucoup moins chronophage : aussi bien pour vous que pour l’éditeur qui n’a de cesse d’être sollicité.

Mais restons raisonnable, si certains auteurs parviennent à se faire connaître grâce aux réseaux sociaux, cela n’en fait pas une règle pour autant. Il ne faut pas négliger l’importance du réseau de connaissances (être introduit dans le milieu reste une grande chance de réussite), savoir s’adresser aux bonnes personnes, savoir vous présenter et répondre à l’attente de la ligne éditoriale de la société d’édition visée ! Et qui sait... Peut-être que la porte de la caverne d’Ali Baba ouverte, vous aurez le choix d’être publié d’une manière traditionnelle et proposé au public dans les étales des librairies ou d’être publié numériquement (12 à 15 % des ventes chez Armand Colin) et votre voisin de pallier téléchargera (légalement) votre dernier roman d’aventure sur son Kindle.... Alors à vous de choisir  et à vos claviers !

 Ambre Duboin Penez