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Gros plan sur les Voyages en absurdie

A l’occasion des rencontres Fnac, Stéphane de Groodt, intervenant dans l’émission « le supplément » de Canal + est venu présenter son livre Voyages en absurdie  qui reprend ses chroniques « retour vers le futur ». Lors d’une rencontre à la Fnac de Bercy le 11 février dernier, celui-ci nous livrait ses impressions sur son expérience à la télévision et à la radio. Rencontre avec un amoureux de la langue française.

Tous les dimanches, vous faites vos chroniques dans l’émission Le supplément sur Canal +. Est ce un privilège de faire rire les gens en magnant l’élégance de la langue française à l’heure ou le stand up, le comique de geste et l’utilisation de la provocation (voir même de la vulgarité) sont légions dans les médias ?

Stéphane de Groodt : C’est une chance d’être absolument libre de faire ce que j’ai envie de faire et d’être libre de m’exprimer comme je le fais. Je me sens privilégié car j’exerce sur une chaîne de télévision où on me donne carte blanche sur mon travail. Jamais on ne lit mes textes la veille pour me dire d’enlever tel ou tel passage. C’est mon libre choix d’aller dans ce sens plutôt que le stand up ou autre. Je me suis déjà essayé au stand up c’est quelque chose que j’essaierai de refaire plus tard.

Rencontrez-vous des difficultés pour écrire vos chroniques?

SDG : Ce ne sont que des difficultés ! J'étais en train de me dire que, encore cette semaine, j’allais appeler Canal + pour leur dire que je ne pourrais pas faire ma chronique pour la prochaine émission. Comme toutes les semaines depuis 2 ans. Tous les jours je me dis « mais comment je vais pondre mon papier pour la prochaine émission » ? C’est un truc de dingue. Il y a une vraie attente de la part du public. Donc en général je trouve ma cible le lundi en fonction des gens qui sont dans l’actualité et je commence à écrire le mardi pour pouvoir faire ma chronique le vendredi à l’enregistrement. Et là nous sommes mardi et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire cette semaine. C’est assez flippant.

Vous avez dit que vous pouviez raconter n’importe quoi mais qu’à la fin ça faisait toujours une histoire.

SDG : C’est n’importe quoi ! Vous pouvez écrire la liste de vos courses sur un papier mais je ne suis pas sûr que ce soit une histoire. En revanche,  oui, il faut raconter des histoires ! On en raconte depuis la nuit des temps et il y a autant d’histoires que de personnes. Un journaliste m’a dit l’autre jour que j’avais remis le jeu de mot au goût du jour mais je n’ai rien inventé même si ça peut passer pour du ringard comme il me l’a dit. Le tout c’est de le faire avec ma propre singularité.

Vous ne parlez pas du jeu de mot d’ailleurs, vous dites que vous jouez avec les mots ce qui n’est pas la même chose pour vous.

SDG : J’ai l’impression d’avoir un sac de mots, de les jeter en l’air et de devoir faire un puzzle avec ce que j’ai. Je m’en amuse, la démarche vient de cette image que je me fais. Quand j’écris, mon envie c’est d’aller au bout des choses, c’est de tirer un personnage ou une situation au bout du bout et d’assumer un jeu de mot (même s’il est totalement mauvais) mais d’aller jusqu’au bout ou alors se casser la tête pour en trouver un qui n’aurait pas encore été imaginé. Il n’y a pas d’eau tiède là-dedans, soit c’est très bien soit c’est très naze et le but alors c’est d’aller au bout du naze… De manière totalement assumée.

Comment en êtes-vous arrivé là ? Quel est votre secret ?

SDG : Tout passe par l’obstination car des gamins qui veulent êtres comédiens, acteurs ou humoristes, il y en a des tonnes ! Le tout c’est de se dire « moi je veux le faire donc c’est ce qui va se passer ». Si on n’est pas là pour réaliser ses rêves on est là pour faire quoi ?

Vous avez touché un peu à tout, qu’aimeriez-vous faire désormais ?

SDG : Ce que je n’ai pas encore fais, je viens de le faire maintenant en réalisant un court métrage produit par Dany Boon. J’en suis comblé. Je déguste aujourd’hui c’est un vrai bonheur. Quand j’ai réalisé ce court métrage avec Dany Boon  et François Berléand, j’ai rencontré par hasard Claude Lelouch qui m’a fait part de son envie de le visionner. Quand on n’a aucune formation, et qu’on se retrouve à montrer son travail à Claude Lelouch un matin dans sa salle de projection, ça fait réfléchir.

 

Propos recueillis par Valentin Couanet.