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Les femmes et les sports de combats

Le choix de la pratique d’un sport est en général déterminé par plusieurs facteurs sociologiques tels que le sexe, l’âge, ou encore la provenance sociale. Si certains sports sont connotés « sports de riches » comme le golf ou l’équitation, ou « sports populaires » comme le football ou le basketball, l’un des préjugés les plus tenaces concerne la féminisation des sports de combats. Les Petits Papiers de Descartes s’intéressent à la pratique des sports de combat par les femmes.

En 2004, l’anthropologue canadienne Suzanne Laberge a publié un ouvrage nommé « Femmes et sport ». Dans cet ouvrage, elle  étudie les représentations culturelles affiliées aux femmes et à leurs pratiques d’un sport de contact. Selon S. Laberge, l’étude de la pratique sportive chez les femmes permet de définir la source historique de la domination masculine observée dans le sport contemporain. Si depuis ces 20 dernières années la part des femmes licenciées dans les clubs d’arts martiaux  est restée faible, leur présence n’en est pas pour autant restée discrète. Notamment en karaté lors des Championnats du Monde à Bercy (novembre 2012), l’équipe de France féminine a su s’affirmer sur la scène internationale et décrocher le titre de championne du monde Kumité (combat) à l’instar de leurs confrères masculins. Les quatre titulaires Lolla Donna, Tifany Fanjat, Ruth Soufflet et Alexandra Recchia ont su montrer au monde les qualités indispensables de persévérance, de courage et de combattivité inhérentes au karaté. Ces résultats soulignent que tout comme les hommes, les femmes ont réussi à atteindre l’excellence dans une discipline réputée exclusivement masculine et qui véhicule des valeurs basées sur la virilité. Selon S. Laberge ce type de performance permet de démentir les idées machistes propres aux arts martiaux qui disent qu’une femme perd de sa féminité lorsqu’elle met en pratique ses compétences martiales en compétitions et particulièrement en combat arbitré.

Le vécu d’une compétitrice en Kata.

Nous sommes allés à la rencontre de Stéphanie Bel-Iahsen Duperret, vainqueur de la Coupe de France Kata, 4e Dan, actuellement directrice technique et entraineur à l’Union Sportive Fontaysienne. Stéphanie a développé sa passion pour le karaté tout à fait par hasard. C’est « la rigueur de ce sport, la recherche de la perfection du mouvement ainsi que la culture Japonaise » qui l’ont attirés.Compétitrice, Stéphanie a vu petit à petit son univers changer au fil du temps et des exigences des entrainements : « mon investissement dans la compétition m’a coupé de mes autres amis … » Sa famille a toujours été à ses côtés pour l’encourager et le karaté lui a permis de développer des atouts qui comptent énormément dans la vie de tous les jours : « évidemment, les compétences développées dans le sport de haut niveau sont tout à fait transversales : fixation d’objectif, analyse rapide, prise de recul, confiance en soi, capacité d’adaptation,… » Mère d’un petit garçon, Stéphanie réussit à concilier la pratique sportive à haut niveau du karaté et une vie de famille épanouie ! Elle abat à elle seule un grand nombre de préjugés !

Simson Mallory