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Des clowns et des vies...

En cette parution de juin, les Petits Papiers de Descartes ont choisi de s’intéresser à ceux qui ont décidé de faire don de leur bonne humeur à des personnes à qui le sourire manque cruellement : les clowns. Attention toutefois à ne pas confondre les clowns dont nous allons parler avec les clowns de cirque, car il s’agit ici d’intervenants en milieux médicalisés.  Pour se faire, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Flipette, clown en formation au sein de l’association dans laquelle elle s’est investie : Clowns et Vie.

Un soutien sérieux non médicamenteux

Association domiciliée en Vendée, Clowns et Vie propose une approche non médicamenteuse du soin grâce à des clowns accompagnants formés. Leur objectif, apporté du bien-être, réactiver les fonctions vitales des personnes, écouter et recréer du lien social auprès de patients ou de résidents d’établissements variés tels :

-  les hôpitaux : dénouer des situations de tensions au sein des urgences ; faire rire les jeunes patients de services pédiatriques dont la souffrance les éloigne de leur vie de jeux et d’insouciance ; accompagner également les familles ;

-  les structures médico-sociales, les EHPAD : accompagner des personnes lourdement handicapées ou en situation de dépendance ;

-  les maisons de retraites ou services de gériatrie : apporter de la joie, faire passer du temps dans la bonne humeur, discuter, échanger, lutter contre le sentiment d’abandon, contre l’angoisse de la mort, accompagner les douleurs psychologiques de personnes quelque peu isolées.

Pour chaque structure, les objectifs sont différents : faire oublier l’hôpital aux enfants, combattre l’angoisse de la mort des personnes du quatrième âge. Mais, même si beaucoup d’entre nous aimeraient pouvoir intervenir auprès de ses semblables, on ne naît pas et on ne fait pas le clown car on (n’est) « nez » clown et une formation adaptée est indispensable avant de pouvoir intervenir auprès des patients.

 

Une expérience à « mi-chemin entre le stage de développement personnel et l’atelier théâtre d’improvisation »

Flipette nous explique qu’avant de pouvoir faire don de sa bonne humeur en centre spécialisé, il faut nécessairement passer par une année de formation au cours de laquelle les formateurs proposent différentes mises en situations. L’apprenti clown doit alors s’adapter aux réactions de son interlocuteur, apprendre à détourner le moindre petit objet pour faire rire ; pour tenter d’entrer en contact avec des patients atteints de pathologies parfois très lourdes, des patients parfois esseulés pour qui le rire n’est plus chose aisée.

Au terme d’une année de formation, la toute première intervention en structure a lieu. Elle permettra alors au clown d’être évalué par :

-  en pédiatrie : le cadre de santé,

-  en gériatrie : la psychologue de l’association,

-  et si possible, une infirmière de la structure d’accueil.

Cette indispensable formation permet à chaque apprenti de travailler sur soi, car pour s’engager dans un échange avec les patients qui le désirent, il faut aussi affronter ses propres peurs, sa propre histoire. Puis il est « officiellement et publiquement » l’heure d’enfiler le symbolique costume de clown. Alors armé au moins du traditionnel nez rouge et du chapeau, l’individu devient alors Clown.

Calmer les tensions humaines, impacter l’état de certains patients et résidents à l’instant précis où le clown intervient, parfois même après son passage, donner le sourire à des personnes âgées, permettre à des enfants et à des parents de jouer ensemble, rire malgré la souffrance physique et psychologique, soutenir le personnel soignant sont autant de raisons pour encourager ces associations comme « Clowns et Vie » à continuer ce travail de longue haleine, car accompagner le patient et le résident c’est aussi lui apporter le rire, nécessaire à la vie.

Pour conclure, nous choisissons une citation du site de l’association : « Proposer de l’humour, c’est aimer l’autre, sans haine, mais c’est aussi et surtout animer –au sens étymologique du terme- c’est-à-dire « apporter une âme », de la vie. Rire est évidemment très bon pour soi, mais également pour son entourage ».

En recherche d’une formation de ce type, où d’informations sur ce genre d’associations en plein essor, ou juste envie de faire un don, alors consultez les pages web :

www.clowns-et-vie.fr

https://www.facebook.com/clownetvie

Ambre Duboin Penez