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De nouvelles perspectives en médecine grâce à l’imprimante 3D

Dans les années 60, Arthur Charles Clarke, l’auteur de 2001 : l’Odyssée de l’espace, avait imaginé le Replicator, une « machine à répliquer ». Aujourd’hui, la réalité dépasse la fiction, et l’impression tridimensionnelle est en plein essor. L’époque de la stéréo lithographie nous semble déjà lointaine alors que les hôpitaux exploitent les possibilités de cette révolution industrielle.

Le chirurgien regarde l’organe défectueux de son patient. Il prend son temps pour l’examiner sous tous les angles, il le manipule sans se presser. Il repère l’anomalie, effectue l’opération nécessaire à son traitement. Il est inutile de se dépêcher. Non pas parce que la situation est anodine. Mais parce que l’opération n’aura lieu que dans trois jours. Grâce à une réplique parfaite de l’organe ciblé, le chirurgien connaitra à l’avance tous les détails de l’opération à venir, et aura même eu l’occasion de s’entrainer plusieurs fois. Tout ça est possible en utilisant une imprimante 3D, et après avoir fait un scanner au patient.

Coeur_imprimé

En 2013, Barack Obama avait qualifié l’impression 3D comme « la prochaine révolution industrielle ». Aujourd’hui, nous découvrons chaque jour de nouvelles applications à cette technologie, et le docteur Antoine Tesnière semble partager l’avis du président américain : l’imprimante 3D figurera au nombre des grandes découvertes de ce siècle. Le médecin anesthésiste-réanimateur me reçoit dans son bureau de l’hôpital Cochin, et m’expose en détail les avantages de l’impression 3D en médecine, notamment pour la formation médicale.

Les étudiants en médecine peuvent désormais manipuler des organes artificiels, s’entrainer sur des mannequins extrêmement détaillés : ils acquièrent les compétences et le comportement qui vont de pair avec la pratique. Et cela sans avoir à s’entrainer sur un patient réel qui pourrait avoir à subir quelques inconvénients suite à l’erreur d’un étudiant inexpérimenté. Un entrainement réaliste sur un mannequin jouant le rôle d’un patient précis, avec des caractéristiques médicales spécifiques, permet de limiter le risque d’erreur. « En médecine, la plus petite erreur peut avoir de graves conséquences. » précise le Dr. Tesnière.

L’impression 3D n’est pas utile qu’aux étudiants : les médecins utilisent déjà depuis quelques années la simulation 3D numérique. «Avec un ordinateur, le médecin peut désormais se promener à l’intérieur de son patient ». Ces médecins ont donc rapidement adopté l’impression 3D, qui leur permet de « manipuler » leurs futurs patients.

En effet, l’organe imprimé est rigoureusement identique à l’original. On imagine sans peine l’intérêt en chirurgie. « L’impression 3D permet de recréer des pièces personnalisées, parfaitement adaptées au patient ». Le processus est toujours le même : scanner -> reproduction numérique -> impression. Même la consistance est reproduite, grâce à différents types de plastiques, de céramiques, ou de métaux (notamment du titane).

Les « greffes sur mesure » ainsi produites sont déjà utilisées, par exemple chez un dentiste, et n’importe quelle composante du corps humain peut aujourd’hui être recréée avec une imprimante 3D, qu’il s’agisse d’un os, d’un poumon, de tissus,…etc.

Peu à peu, on se rapproche de la création d’organes réels. Combien de temps encore avant qu’un être humain ne sorte d’une imprimante ?

Vincent Moittie