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Aya Takagi : une artiste japonaise à Paris.

Gustave Courbet, Salvador Dali, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Pablo Picasso, Vincent Van Gogh, Andy Warhol... Autant d'artistes étrangers ou français que nous connaissons bien. Sûrement avez-vous remarqué que vous ne connaissiez que très peu voire aucun artiste asiatique ?

Il donc temps de remédier à cela, amateurs et amatrices de l'art, j'aimerais vous présenter une artiste japonaise : Aya Takagi. Cette jeune femme a fait ses études au Japon, plus précisément à Joshibi qui était une école exclusivement féminine regroupant les classes allant du lycée aux classes supérieures. Elle est ensuite venue s'installer en France à partir de 2005. L’université des beaux-arts, à laquelle elle était inscrite au Japon, dispose d’un atelier en France situé à la Cité Internationale des Arts. Elle regroupe de nombreux artistes internationaux, et Aya Takagi a été choisie pour y rester un an et y exposer ses œuvres.

Elle a également exposé au sein de l’université Paris Descartes et à la Villa Finaly, à Florence en Italie, avec l'aide du commissaire d’exposition Yvan Brohard. En effet, les travaux de cette artiste, entièrement dévolus à la représentation du corps,  trouvent un écho particulier au sein d’une université dont les enseignements sont résolument tournés vers l’homme et sa santé.

Si vous jetez un coup d’œil à ses peintures, vous remarquerez qu’Aya Takagi ne dessine que des corps d'hommes ou de femmes. Elle fait appel à de nombreux modèles : ainsi,  pour le tableau « Métamorphose », un homme de plus de 70 ans a posé pour elle après avoir  également posé pour d'autres grands peintres tels que Giacometti.

Une des caractéristiques de son œuvre  et qu’on ne voit jamais les visages des individus sur ses toiles afin que le spectateur ne focalise pas uniquement dessus. Selon Aya Takagi, « on a très souvent tendance à regarder le visage en premier sur une toile, tandis que si ce visage est caché on peut l'imaginer ». En opérant ainsi, elle laisse libre court à l'imagination et permet l'identification. Ce point de vue n’est pas sans rappeler celui d’un certain Jean Claude Ameisen, Président du Comité consultatif national d’éthique, pour qui « le corps humain exprime bien plus que le visage ».

Une œuvre dénote parmi les autres : « Après le 11 mars ». C’est le seul tableau d'Aya Takagi sans silhouette humaine. Il s'avère que ce tableau a été peint à la suite de la catastrophe de Fukushima pendant laquelle Mme Takagi se trouvait au Japon. Elle a dû s'enfermer chez elle fenêtres fermées à cause du nuage toxique. Elle ne pouvait peindre aucun corps humain à cause du nombre de morts dénombrés chaque jour. Elle a alors choisi, pour rendre hommage aux victimes, de peindre un arbre multi-centenaires (âgé de 750 ans) qui était près de chez elle.

Aya Takagi expose plus en France qu’au Japon notamment à cause « d’un nombre d’espaces disponibles trop restreint ». D’autant plus que ses toiles sont très imposantes, les plus grandes mesurant 130 x 356 cm et les plus petites 162 x 114 cm. Elle met entre deux et cinq mois pour peindre une toile complète et n’achète pas de peinture en tube mais fabrique elle-même ses pigments à peinture en les broyant avec de l'huile ! Aya Takagi est très attachée à cette tradition.

« Il faut également savoir que les artistes ne sont pas perçus de la même manière au Japon, c'est-à-dire qu'en France les gens sont plus ouverts d'esprit et sont plus enclins à assister à des expositions » déclare l’artiste. « Culturellement parlant, l'art a une place beaucoup moins importante au Japon qu’en France » poursuit-elle.

Bonne nouvelle : au printemps prochain, Aya Takagi va à nouveau exposer à l'université Paris Descartes, venez donc nombreux pour voir ses nouvelles toiles !

Sabrina Trabelsi