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Erasmus : leurs expériences.

Erasmus (European Action Scheme for the Mobility of University Students) est le nom donné au programme d'échange d'étudiants et d'enseignants entre les universités et les grandes écoles européennes. Ce programme contribue à la réalisation d'un espace européen de l'enseignement supérieur.

Créé en 1987, le programme Erasmus avait été mis en place avec un budget de 85 millions d'euros pour la période 1987-1989, budget qui n'a cessé d'augmenté depuis cette date. Avec Erasmus, les étudiants peuvent effectuer une partie de leurs études dans un autre établissement scolaire européen, pendant trois mois au minimum ou un an au maximum. De sa création jusqu'en 2013, ce programme a permis à 3 millions d'étudiants de participer à des échanges universitaires entre pays européens partenaires. Ce chiffre atteste donc du très grand succès de l'opération.

En France, aujourd'hui, la totalité des universités participent à Erasmus ainsi que la plupart des établissements d'enseignement supérieur non universitaires (les lycées par exemple qui assurent des formations de type BTS). Tous les étudiants connaissent le programme Erasmus mais pour mieux comprendre ce que vivent les étudiants qui se lancent dans cette expérience, nous avons rencontré deux Erasmusiens ont accepter de témoigner.

Marion – étudiante française qui est partie un semestre en Finlande

Je m'appelle Marion, j'ai 21 ans (20 ans quand je suis partie en Erasmus). Après le DUT GEA option RH, j'ai choisi de faire une licence Pro Gestion des ressources humaines à l'international, car justement elle proposait la possibilité de partir étudier à l'étranger. Je pouvais, soit rester en France, soit aller en Espagne, en Angleterre ou en Finlande. J'ai choisi la Finlande car je souhaitais vraiment un pays qui me dépayse, aller à la rencontre d'une culture inconnue pour moi, le pays m'attirait également pour ses paysages magnifiques.

En France on n'a pas vraiment été guidé avant de partir, mais heureusement la fac là-bas était très bien organisée. Il y a eu une intégration, visite de la fac, de la ville mais moi je n'étais pas encore arrivée, je suis arrivée en retard à cause de mes partiels en France. Dès mon arrivée nous avions des tuteurs qui nous ont guidés. Le plus dur à supporter n'était pas forcément le manque de la famille mais surtout le manque d'argent car la bourse n'est arrivée qu'à la moitié du séjour ( je suis partie 5 mois, de début janvier à fin mai). Beaucoup de choses étaient organisées sur place dans l'université contrairement aux universités

françaises : de nombreuses soirées étudiantes, des voyages (Laponie, Croisière en bateau jusqu'en Suède,Tallin, Russie...).Ce qui change de la France est aussi le sentiment de sécurité et de respect qui se dégage,même en étant une fille tu n'as pas peur de rentrer à pied la nuit, tout le monde paie le bus, personne ne jette des trucs par terre, il n'y a pas de "bandes" qui trainent etc....Le coût de l'échange : 400 euros d'avion, plus

600 euros par mois et les extras pour les voyages....Cet échange m'a apporté une réelle ouverture d'esprit, l'envie encore plus prononcée de voyager pour aller à la rencontre d'autre culture, la création de liens amicaux internationaux, une meilleure aisance dans ma capacité à m'exprimer en anglais (Mon Toeic a augmenté de +150 points).

Mikko – étudiant Finlandais venu un an en France

Bonjour ! Moi, c’est Mikko, je suis un mec finlandais de 21 ans. En Finlande, j’habite à Turku qui est une ville située dans le Sud-Ouest du pays et je fais mes études à l’Université de Turku. Ma matière principale est la langue française. Je n’ai pas encore choisi mes matières secondaires mais l’histoire de l’art, la philosophie et la littérature m’intéressent. À Paris Descartes, je suis étudiant en linguistique (Sciences du langage) et je reste deux semestres. En Finlande, on insiste sur le fait que les étudiants font une mobilité et nous avons énormément de choix. En fait, c’est obligatoire (dans mon cursus) de faire un séjour à l’étranger qui a pour but l’internationalisation. J’ai choisi la France comme pays, car je veux améliorer mon français (je ne l’ai étudié que trois ans au lycée et un an à l’Université) – et la ville de Paris m’a attiré le plus. Il y avait des villes comme Lyon, Montpellier, Bordeaux, Grenoble, Aix-En-Provence, Nantes, Lille… J’y suis allé uniquement une fois, en août 2013 pour les vacances d’été. Moi, une fille finlandaise et une fille allemande, nous avons eu de nombreuses conversations concernant l’université française qui nous paraît être très spéciale. Moi, j’ai été choqué par exemple par l’enseignement sans aucun support (cela veut dire qu’un professeur enseigne en parlant un flux de parole dont les étudiants écrivent presque mot par mot) et par la surveillance qui, selon moi, ressemble à celle qu’on a eu au collège. De plus, j’ai remarqué qu’il n’y a pas vraiment d’ambiance d’« apprentissage » pendant les cours: ce que le professeur dit est la « vérité ultime » et il n’y a pas de possibilité de la questionner. C’est, en fait, le contraire chez nous : les étudiants et les professeurs se parlent (et nous ne nous vouvoyons pas), les professeurs veulent que les étudiants pensentpar eux-mêmes. On est à l’université pour maîtriser la pensée académique, voire les compétences analytiques. En Finlande on utilise des diapositives des cours presque toujours et elles sont en ligne, souvent avant le cours pour que les étudiants puissent les lire en avance.

En ce qui concerne les emplois du temps – je les trouve trop chargés! Les journées sont longues. Chez nous,on finit vers 17 heures, et souvent plus tôt… et vous n’avez pas de matières secondaires ! Pourquoi ? Chaque étudiant finlandais construit son emploi du temps avec la liberté, selon l’intérêt. (Bien sûr il y a des cours obligatoires aussi…) Et il n’y a pas vraiment de classification selon les semestres : à l’université finlandaise un étudiant fait plutôt soit licence soit master et ce n’est pas grave si on rédige le mémoire pendant le sixième ou septième année. La vie étudiante des Erasmus est vivante ! Mais ici à l’université, il me semble qu’il n’y a pas d’événements pour les étudiants. Après les cours, tout le monde rentre chez soi… ou peut-être que personne ne m’a invité aux soirées étudiantes! En Finlande, elles font partie intégrante de la vie universitaire. Il y a des associations étudiantes qui organisent les bals masqués, les soirées du cinéma… Une chose particulière à vous dire : les étudiants et les professeurs de notre filière fêtent le Beaujolais Nouveau ensemble en chantant et en buvant du vin, et de plus: à l’université ! Avant la rentrée, les étudiants bénéficiant d’échanges, moi y compris, avons suivi le SILC (stage intensif de la langue et la culture française) pendant lequel nous avons été guidés par les enseignantes de la Maison des Langues. Mais après ce stage, c’était plutôt les efforts d’intégration que j’ai faits moi-même car il n'y avait pas d'aide dans l'université. J’ai été impressionné par l’absence de réunions et de visites de l’université. Heureusement, je ne suis pas le seul étudiant Erasmus, donc nous nous sommes aidés mutuellement. Je pourrais refaire l’échange après quelques années, mais j’aimerais choisir un pays nordique. Ou je peux dire que le Canada m’intéresse aussi… et au fait, l’Angleterre serait cool. On verra ! Si je peux donner un conseil aux étudiants qui veulent partir je leur dirais "Allez-y" ! Il faut plonger dans une culture inconnue: c’est le seul moyen d’apprendre même s’il n’est pas agréable tout le temps. Et je conseille vraiment Paris, car cette ville est malgré tout un type de mystère.

Ce qui ressort donc de leurs deux expériences est la différence entre l'accueil en France et en Finlande, le système scolaire quasiment à l'opposé et surtout la richesse culturelle et linguistique qui découle de cette expérience ! Comme le dit Marion "ça a été le plus belle expérience de ma vie".

 

Quelques chiffres clés :
Budget européen pour la période 2007 à 2013 : 3,1 Milliards d'Euros
Futur budget pour 2014-2020 : 14,7 Milliards d'Euros
Nombre d'étudiants ayant participé au programme : plus de 3 millions
Durée moyenne des études à l'étranger : 6,2 mois
Nombres de pays concernés : 33
Nombres d'établissements concernés : 2 982 établissements (en 2011)
Répartition par genre des étudiants qui participent au programme : 61% de filles , 39% de garçons
27% des «anciens» étudiants Erasmus ont rencontré leur conjoint actuel (qu’il soit de la même nationalité ou pas) pendant leur séjour à l’étranger

 

 Gloire Massamba et Vaniala Ramilijaona