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INSIDE - « La sortie est à l’intérieur ».

L’exposition Inside au Palais de Tokyo est un voyage initiatique à l’intérieur de soi, une expérience où l’on se projette à l’intérieur et à l’extérieur, un lieu de rencontre avec soi-même.

Les commissaires de l’exposition Jean de Loisy, Daria de Beauvais, Katell Jaffrès, ont permis à des artistes tels que Jean-Michel Alberola, Dove Allouche, Christian Boltanski, Bruce Nauman, Jesper Just, Ryan Gander, Eva Jospin et autres, de métamorphoser les deux niveaux du Palais de Tokyo. D’une installation à l’autre, le spectateur est toujours à l’intérieur d’œuvres qui le conduisent à lui-même.

Aussitôt après avoir franchi les portes du Palais de Tokyo, on lève la tête et on découvre l’installation « Tape Paris ». 44km de scotch  qui se déploient dans le hall d’entrée comme une toile étirée. L’oeuvre immersive de Sven Jonke, Christoph Katzler, et Nicola Radeljkovic, nous plonge dans un parcours physique et psychologique hors du commun en pénétrant cette immense membrane. A trois mètres du sol, seul dans notre tube (l’entrée est limitée à cinq personnes pour 10 min, pensez à réserver), on vit un moment hors du temps, on oublierait presque le bruit de la foule de visiteurs un peu plus bas.

Le parcours commence ; il faut d’abord pénétrer dans une forêt mystérieuse faite de cartons découpés, on entend au loin des chants d’hommes a cappella, nous sommes directement plongés dans un univers onirique, certains y verront peut être un air de Miyazaki…Pendant plus d’une heure, on chemine d'une pièce à l'autre, à l’intérieur d’œuvres à dimensions humaines. On passera dans d’autres forêts, celle extrêmement lumineuse dans une salle blanche des murs au plafond, ou encore la forêt graffée de l’artiste Dran.

Mais chaque salle nous emmène dans un univers différent et nous fait vivre toutes les émotions : joie, inquiétude, effroi, horreur, désir, plaisir… Une expérience profonde, troublante et imprévue. Parfois choqués, les parents cacheront les yeux de leurs enfants quand ils trouveront dans une pièce noire une vidéo d’un homme qui tousse jusqu’à cracher du sang, ou des vidéos de personnes nues qui jouent à chat dans des chambres à gaz. Soudain immergés dans l’installation de Jesper Just, entourés de deux écrans et nous voilà à l’intérieur d’un film. D’autres œuvres inversent nos sens comme le curieux chalet de bois (de l'artiste Stéphane Thidet) abritant une forte pluie… à l’intérieur. Habituellement quand on regarde la pluie tomber par la fenêtre on se sent protégé, ici c’est l’inverse. On s’amuse du visiteur agacé ou apaisé qui s’enferme dans une pièce blanche et vide en passant une porte automatique qui s’ouvrira seulement s’il trouve la solution pour sortir.

Selon de nombreux étudiants, Inside a été classée « meilleure expo de l’année », une expérience inédite à ne pas manquer jusqu’au 11 janvier. Pour pénétrer dans l’exposition Inside, il faut oser et ne plus se retourner. Inside propose une traversée à l’intérieur de soi, dont l’espace d’exposition serait la métaphore. 

 

Alice Huelvan