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Le sport électronique, vous connaissez ?

Le terme Esport, ou sport électronique en français, est une activité qui regroupe différentes compétitions dans un domaine bien particulier : les jeux vidéos. Assez peu connu du grand public, surtout en Europe, il connait un essor incroyable dans le reste du monde. Les Petits Papiers de Descartes se sont penchés sur ce phénomène.

Matchs se déroulant dans des stades de milliers de personnes, joueurs pouvant toucher près de 600 000 euros par an, commentateurs professionnels, supporters survoltés, produits dérivés allant du T-shirt à la couverture... Non, ce n'est pas la description de la dernière Coupe du monde de football mais bien celle d'une compétition de jeux vidéos. Et le phénomène est loin de s'essouffler, puisqu'on considère que si ce genre de compétitions continue sa progression, le nombre de téléspectateurs de la finale mondiale dépassera dans quelques mois celui du Super Bowl américain, soit plus de 100 millions de téléspectateurs (voir encadré) ! Les États-Unis n'ont d'ailleurs pas hésité à octroyer aux joueurs de jeux vidéos professionnels étrangers un visa de « sportifs de haut niveau ».

Counter-Strike, Starcraft, Trackmania... des noms bien obscurs pour une grande partie de la population, mais pas pour ceux qu'on appelle les « gamers ». Mais parlons plus en détail d'un jeu en particulier : League of Legends. Jeu le plus joué au monde avec 1 milliard d'heures et 67 millions de joueurs par mois, il est assez emblématique de cette scène compétitive propre aux jeux vidéo. Ce jeu, qui voit s'affronter deux équipes de 5 joueurs dans une arène virtuelle, a en effet connu une ascension fulgurante.

Phénomène impressionnant en Asie, notamment en Corée où les joueurs professionnels sont considérés comme de véritables rock stars, l’Esport gagne désormais le monde entier et l'Europe et la France ne sont pas en reste. En effet, en mai dernier, le Zénith de Paris a accueilli les All-Stars, regroupant les équipes les plus populaires de chaque continent (Europe, Amérique, Corée, Chine et Asie du Sud-Est). Une folie, me direz-vous, d’organiser cet événement dans une aussi grande salle ? Risque commercial ? Et bien non, les places se sont vendues en moins d'une journée, plus vite que pour le concert de Lady Gaga ! Ce sont donc plus de 6 000 fans qui se sont retrouvés ensemble pendant 4 jours, à soutenir leur équipe favorite.

Au vu de tous ces chiffres qui font tourner la tête, nous avons essayé d'en savoir plus. Nous avons donc rencontré Théo, joueur et fan de League of Legends, qui était au Zénith pour suivre l'évènement :

« Déjà on voit bien l’ampleur que le phénomène a pris depuis les premières saisons. Pour moi, ce qui est intéressant c'est de voir du beau jeu. Ce genre de jeu est très stratégique, donc on peut aller très loin, c'est vraiment sympa de voir des gens jouer à très haut niveau. Je ne regarde que les jeux auxquels je joue ».

Un autre joueur présent aussi ce jour-là nous déclare que « c'est assez spécial de voir des milliers de personnes encourager des joueurs devant un écran, c'est un truc à vivre. Ce qui est sympa aussi c'est qu'on partage tous une même passion, qu'on est entouré de connaisseurs et que chacun sait reconnaître une belle action, on a les mêmes réactions en même temps ! »

Une passion qui n'est pas toujours bien connue ou bien comprise par le grand public, comme nous raconte Romane : « Chacun sa passion. Mais c'est vrai que je ne pensais pas que ça pouvait réunir autant de monde, pour moi un geek ça reste dans son salon à jouer tout seul ! »

 

L’Esport en chiffres

Saison 1 : quelques centaines de spectateurs, 1,6 millions de téléspectateurs
Saison 2 : 8 000 spectateurs, 8,2 millions de téléspectateurs
Saison 3 : 13 000 spectateurs (Staples Center de Los Angeles), 32 millions de téléspectateurs
Saison 4 : 40 000 spectateurs (Stade de la Coupe du Monde de Séoul), pas encore de données sur le nombre de téléspectateurs

Arthur Duffaut