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2014, âge d’or des jeux d’argent

Ce n’est un secret pour personne mais les vrais gagnants des jeux de hasard ne sont pas les joueurs, mais bien ceux qui organisent les jeux. Et pourtant, le jeu ne perd pas son attrait, et attire toujours des adeptes. Il faut croire que Martin Scorsese a raison lorsqu’il affirme que l’argent gagné au jeu est deux fois plus précieux que l’argent gagné en travaillant…

Depuis sa création en 1976 (1933 si on considère que la FDJ est l’héritière de la loterie nationale de 1933), la Française des Jeux bénéficie d’un quasi-monopole dans le domaine des jeux et des paris sur tout le territoire français. Quasi-monopole, car le PMU et les casinos bénéficient eux aussi d’une dérogation à la loi de 1936 interdisant les jeux de hasard.

Elle incarne à elle seule le rêve de tout homme d’affaire : insensible à la crise économique, son chiffre d’affaire n’a presque jamais été en baisse, et le risque de voir la tendance s’inverser est faible.

Entre 1960 et 2012, la progression de l’industrie des jeux a été spectaculaire, son chiffre d’affaire passant de 98 millions à 53 milliards d’euros. Pour rappel, en 2007, les actions détenues par l’État au sein de la société FDJ ont rapportées environ 10 milliards d’euros. A titre de comparaison, la même année, la TVA rapportait 175 milliards. La Française des Jeux est une source de revenus relativement modeste pour l’État, mais constante et en progression.Elle affichait en 2012 un chiffre d’affaire record de plus de 12 milliards d’euros, record de nouveau battu en 2013.

Cependant, la FDJ rencontre aussi quelques difficultés. En 2010, en collaboration avec le groupe Lucien Barrière (propriétaire du premier casino de France), la société annonçait la création d’une plateforme de poker en ligne. Le résultat fut décevant : après trois ans d’existence, la société commune se révèle incapable de tenir ses promesses en termes de rentabilité.

Mais la FDJ reste très présente sur Internet. Après tout, la vulgarisation des téléviseurs et l’apogée des médias avaient largement contribué au succès des jeux. Cependant, les règles du jeu en ligne sont différentes : depuis juin 2010, elle ne peut plus compter sur son monopole dans le domaine des paris sportifs en ligne. Et la concurrence est rude sur ce marché estimé entre 1 et 5 milliards d’euros.

La société, néanmoins, avait affirmé ne pas craindre la concurrence, et il faut reconnaitre que cette ouverture aux paris en ligne lui a été jusque-là bénéfique. Car si elle affiche un chiffre d’affaire en hausse constante, le nombre de joueurs, lui, diminue progressivement. Mais les joueurs, parallèlement, misent des sommes de plus en plus élevées.

La possibilité de parier en ligne, chez soi, devrait encourager davantage de joueurs potentiels à se jeter à l’eau. Et le sentiment de sécurité que l’on ressent en étant chez soi, devant son ordinateur, auquel s’ajoute le fait qu’il est plus difficile de gérer ses pertes en jouant avec sa carte bancaire, incite les joueurs à miser toujours plus. La FDJ pourrait bien avoir finalement trouvé son Eldorado …

Vincent Moittie