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A la conquête de la coupe perdue

Du 15 janvier au 1er février prochain se dérouleront les championnats du monde de handball à Doha au Qatar.

Alors que la France assurait son hégémonie sur le monde du hand masculin, elle a été destituée lors de la dernière édition d'il y a deux ans par l'Espagne. A Doha, les joueurs de Claude Onesta, l'entraîneur, auront non seulement à cœur de reprendre leur titre mais aussi la pression de se qualifier pour les prochains Jeux Olympiques de Rio 2016 où ils pourraient réaliser un triplé historique (vainqueurs en 2008 et 2012).

Forte d'une équipe composée de joueurs comptant parmi les plus expérimentés de la planète, la France compte aussi une arrière-garde plus jeune mais non moins riche en talent. Ainsi Thierry Omeyer, gardien de 38 ans compte, à l'instar du capitaine Jerôme Fernandez (37 ans) plus de 300 sélections en équipe nationale. Pour la plupart, les joueurs évoluent dans les plus grands clubs mondiaux (Karabatic à Barcelone, Omeyer, Narcisse, Abalo au PSG...). Mais la France n'est pas la seule à posséder de véritables atouts, le Danemark notamment comprend dans son effectif Peter Hansen, peut-être le meilleur jour actuel de la planète, tandis que le pays hôte, le Qatar a investi des étrangers de haut niveau à pourvoir les postes de joueurs et entraîneurs. Avec cette capacité de production d'un jeu attrayant et de grand niveau, les championnats du monde attirent les foules et développent les passions.

Les championnats du monde constituent souvent dans les différents sports un moyen de se faire voir, voire connaître par le grand public. Or avec les excellents résultats de l'équipe de France de handball, le nombre de licenciés comptabilisés par la fédération nationale a énormément augmenté ces dernières années : atteignant les 500 000 en 2014, le nombre des licenciés a connu une augmentation de 23% ces cinq dernières années. Un sport qui attire aussi bien les filles que les garçons puisque la proportion de fille est d'environ un tiers.

Un nombre de licenciés qui augmente montre généralement la bonne santé d'un sport et sa popularité. Or un sport populaire devient vite un business, comme le football moderne et ses dépenses faramineuses peuvent le montrer. Ainsi, le Qatar qui s'est positionné comme un acteur majeur dans le monde du sport, notamment par le rachat du Paris-st-Germain, en football mais aussi en handball et le lancement d'une chaîne des sports ultra-comptitive, BeIn, diffusée dans les grands pays européens, récolte-t-il les fruits de ses investissements puisqu'il lui a été confié l'organisation de deux compétitions internationales de premier plan (hand 2015, coupe du monde de football 2022).

Affaire de gros sous ou non, le sport reste avant tout un spectacle et donne de la joie à ceux qui le pratiquent comme à ceux qui l'observent. Que ces championnats soient fastes, une fête dans de sombres temps.

Gabriel Gorce