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Le gouvernement face au terrorisme

«  Il nous faut à présent renforcer notre législation afin de l’adapter aux mutations du terrorisme qui sont à l’œuvre » déclarait Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur,  lors de la commission du 22 juillet dernier, dans le but de présenter un nouveau projet de loi de lutte contre le terrorisme. C’était sans compter sur les évènements qui ont suivi et choqué la France entière, entre le 7 et le 9 janvier dernier. Ce fut une période noire au niveau national où les français, visages éteints, les yeux pleins d’inquiétude et les cœurs en deuils, abordaient la vie avec un sentiment d’insécurité, d’incompréhension et l’envie de se battre contre ce terrorisme.

Lors de la conférence de presse du 21 janvier 2015, le Premier Ministre, Manuel Valls a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme et notamment avancer le projet de loi sur les renseignements, proposé par Bernard Cazeneuve, qui sera  présenté début mars à l’assemblée.

« Un fichier placé sous le contrôle d’un juge sera créé dans lequel seront obligatoirement inscrites toutes les personnes condamnées ou judiciairement mises en cause dans des faits de terrorismes » annonce le Premier Ministre.

En effet, des dispositions pour lutter contre ces atrocités existaient déjà mais ne suffisaient pas, comme le démontrent les événements qui ont marqué le début de l’année 2015. Le gouvernement a donc pris les devants en mettant en place le plan Vigipirate alerte attentat.  Les lieux publics sont sous la garde de vigiles, des policiers fouillent les sacs à l’entrée des centres commerciaux, au niveau des universités chaque étudiant est prié de présenter sa carte étudiante, les sorties scolaires sont suspendues…

Outre le plan Vigipirate le projet de loi prévoit des mesures plus drastiques. Tout d’abord la possibilité d’interdire la sortie de territoire si une personne est soupçonnée d’intention terroriste. Celle-ci pourra être alors interdite de sortie sur présentation de preuves concrètes de ses intentions. Une autre mesure de ce texte de loi porte sur le contrôle d’internet, dont la finalité est de bloquer la propagande incitant à la violence terroriste. Ce contrôle sera effectué par des personnes désignées par la CNIL (Commission National Informatique et Liberté). La mise en place du « Délit d’entreprise individuelle terroriste » est la quatrième mesure de ce projet visant les autoradicalistes et les personnes préparant un attentat. Celles-ci seraient condamnées à 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Et enfin la dernière mesure est l’autorisation de pratiquer des cybers patrouilles sur internet afin de repérer les usagers fréquentant des sites internet orientés ou véhiculant des idées en lien avec le terrorisme.

Avec toutes ces mesures, on pourrait se demander si on aura encore une « cyber vie privée » mais comme Bernard Cazeneuve l’a rappelé «  le rétrécissement du champs des libertés fondamentales ne peut être le prix à payer au renforcement de la lutte contre le terrorisme ».

C’est dans cette optique que ces mesures ont été prises afin de protéger la population et combattre le déchainement mortel des idéaux djihadistes. « Il s’agit de renforcer nos moyens d’enquêter, de nous doter d’instrument plus efficace de lutte contre la propagande sur internet et d’améliorer nos capacités à empêcher les départs » rappelait Manuel Valls lors de son discours à l’Assemblée Nationale le 13 janvier dernier.

 

Syndie Saint-Amour