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Respect, Liberté, Sécurité, quelle équation pour un meilleur « Vivre Ensemble » ?

Les journalistes des Petits Papiers sont allés à la rencontre des français suite aux différents attentats perpétrés sur le territoire. Lorsque l’on parle de liberté d’expression, tous s’accordent à dire que la restreindre ne serait que céder aux menaces des terroristes. Et comme il n’y a pas de demi-mesure en matière de liberté, celle-ci doit être absolue. Il faut donc que chacun soit libre de critiquer, tourner en dérision et se moquer de tous les sujets.

Toutefois, un point de vue original se dégage de nos sondés. Ainsi, quelques personnes interrogées arguent que la juste mesure de l’exercice de la liberté d’expression serait « l’autocensure ».

Il conviendrait ainsi à chacun de discerner si ses critiques outrepassent les frontières du respect. De ces mêmes personnes qui semblaient déjà avoir muri une réflexion à ce propos, il émane une profonde déception face au mouvement immense de soutien au journal satirique : on parle de grand sursaut de conscience et de réveil du patriotisme, mais il n’en est rien. Les français, une fois de plus, n’ont été que de gentils moutons à suivre les masses. Esprit animal Keynésien, c'est à dire simple mouvement de foule, ou véritable réveil des consciences ? Il apparait en tout cas que nombreux sont ceux qui n’avaient jamais acheté un journal de Charlie Hebdo avant ces évènements tragiques : savent-ils donc vraiment de quoi l’on parle ? On peut en douter sérieusement.

Par ailleurs certains reprochent la médiatisation outrancière de cet évènement alors que des milliers de chrétiens sont massacrés par les Soldats de Daesh en ce moment même. Comme si on attachait trop d’importance à ces dix morts. Personnellement je leur rétorquerais que c’est là la Force de notre pays. Oui on s’émeut pour une dizaine de morts, oui chaque mort de l'un de nos soldats en opération est un drame national ! Cela prouve la valeur que notre société attache à la vie ! Il faudra davantage s’inquiéter le jour où plus personne n’y fera attention. Nous pouvons voir derrière « Je suis Charlie » soit un simple mouvement de soutien au journal satirique, soit un message bien plus puissant : celui d’un Slogan de galvanisation nationale derrière lequel tous les français peuvent se retrouver pour lutter contre le terrorisme et rappeler au monde entier que la France, berceau des droits de l’Homme, est un pays de Liberté.

Et la première des libertés est la sécurité des concitoyens ! Les différents actes terroristes du mois de janvier ont semé une grande panique chez les franciliens. Un certain nombre d’entre eux nous ont confié avoir arrêté de prendre le métro par peur d’un attentat, préférant les bus. D’autres encore avouent qu’ils ne seraient guère surpris de la survenance d’une nouvelle agression de fanatiques Islamiques dans les prochains jours ! Nous avons peut être atteint ce point critique où la population ne se sent plus protégée. C’est malheureusement là le début du déclin de la liberté.  La peur est la première censure. De nous-même d’abord, des autres ensuite.

Ce n’est pas là un simple pronostique lugubre, mais une réalité que l’on peut d’ores et déjà percevoir : pourquoi se fait-on huer lorsque l’on ne se dit pas « Charlie » ?  Peut-être est-ce déjà le reflet de la peur : « Charlie » est un symbole de rassemblement national, une forme de consensus universel contre la barbarie : s’y opposer serait se détacher de ce groupe, et ceux qui ne font partie du groupe sont potentiellement dangereux. La peur permet de tel raccourci et d’annihiler toute réflexion. Qui oserait s’exprimer sincèrement sachant que si ses idées déplaisent à certains il se fera agresser ? Peu de monde.

 Il en est de même pour les manifestations, droit fondamental de la République :

Qui oserait battre le pavé sachant qu’il risque une violente répression ? Personne. Garantir la liberté d’expression et la liberté de manifestation, passe obligatoirement par le maintien de l’ordre public et par un climat général de sécurité. Assurer une véritable sécurité est le pacte de confiance le plus important qu’un gouvernement puisse sceller avec son peuple : il est gage de la démocratie et de la continuité de notre État de droit.

 

Louis Marie de Soye