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La vague d'Hokusai innonde les esprits parisiens

Katsushika Hokusai est un artiste japonais connu dans le monde entier. Peintre, dessinateur mais aussi graveur, Hokusai a laissé derrière lui de très nombreuses estampes. Par son style, il a su s’imposer comme une figure servant d’inspiration aux plus grands : Degas, Manet, Monet, Van Gogh…

Très évoquée et incontournable, la « vague de Kanagawa » est souvent l’œuvre de référence lorsqu’il s’agit d’illustrer Hokusai. Pourtant, avec les milliers d’œuvres – plus de 30 000 – qu’il a laissé sur son chemin, il serait dommage de ne pas en découvrir plus.

Hokusai_mars 2015

 

Effectivement, ce « fou de dessin », comme il se qualifiait lui-même, est également considéré comme le père des mangas. Esquissant avec légèreté et humour la vie quotidienne de peuples asiatiques, Hokusai est à l’origine de la bande dessinée japonaise.

Dans une quête de la perfection, le peintre, particulièrement inspiré des décors asiatiques, a éparpillé ses œuvres au travers le monde. Pour la même raison, Hokusai a signé ses toiles avec plus de 30 noms différents. C’est alors par un travail long et passionné d’amateurs que les différentes œuvres d’Hokusai ont pu être rassemblées, permettant ainsi de retracer les grandes périodes de sa vie.

C’est précisément ces grandes périodes que nous fait découvrir le Grand Palais. Au travers un parcours atypique, il nous est proposé de suivre le cours des inspirations de l’artiste. En avançant de salles en salles, de pièces en pièces, le spectateur voit l’évolution progressive du style et des inspirations de Hokusai.

La période Shunro (1778 - 1794)

A titre d’introduction, nous découvrons d’abord la jeunesse de l’artiste. Dès son adolescence, il commence à graver des planches destinées à la fabrication d’estampes commerciales. Durant cette même période, il rencontre Katsukwa Shunro, célèbre portraitiste d’acteurs de kabuki. C’est alors qu’il se découvre une passion et commence un long apprentissage.

Hokusai 2_mars 2015

 

La période Sori (1794 - 1805)

Se consacrant à l'illustration de calendriers et à la réalisation de gravures, le peintre est dans une période très féconde. Il commence à affirmer son style propre et réalise de plus en plus de peintures. Cette période constituera une véritable métamorphose.

La période Katsushika Hokusai (1805 - 1810)

Pendant ce temps, « le fou de peinture » tente de conjuguer grâce, beauté et sensualité. C’est d’ailleurs pendant cette période que Hokusai a décliné les « grandes vagues »

La période Taito (1814 - 1819)

A l’âge de cinquante ans, il commence à se préoccuper de diffuser largement son art. Cependant, il reste insatisfait de ses œuvres, et choisi de nouveau une signature différente. C’est à cette période qu’il commence son travail de mangas.

La période Litsu (1820 - 1834)

C’est pendant ce temps que Hokusai va réaliser ses œuvres les plus célèbres. S’attardant particulièrement à des « estampes du monde flottant » (ukiyo-e), il va notamment créer la série des Trente-six vues du mont Fuji. Cherchant davantage la technique et l’originalité, l’artiste a voulu montrer la nature et la vie. Pour ces raisons, les vues représentées sur les tableaux ne correspondent pas à des sites identifiables.

Hokusai 3_mars 2015

 

Enfin, l’exposition se termine. Foisonnante mais très agréable, elle a su restituer le renouvellement perpétuel d’un homme voulant sans cesse progresser. Les brumes matinales, les reflets du soleil sur la mer, les délicats mouvements de l’eau ou encore les scènes du quotidien ; autant d’estampes au style fin et régulier, parfois audacieuses : Hokusai a raison de se qualifier de « fou du dessin ».

A titre de conclusion, je vous propose une citation de l’auteur qui saura, bien mieux que moi, vous démontrer sa quête de la perfection :

“Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins, mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature réelles des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole. Écrit, à l’âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gouakiyo-rôdjin, “le vieillard fou de dessin.”

Cassandre Vanzetta