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Église de Scientologie : le magasin des escroqueries.

Si en France la Scientologie ne connaît qu'un succès modéré, son empire intercontinental s'étend de plus en plus. Malgré procès et scandales, sa place dans la société mondiale ne semble pas sujette à une quelconque remise en question.

Classée parmi les sectes depuis 1995 en France, l’Église de Scientologie constitue une vaste arnaque au cœur de laquelle manipulations et tromperies sont de rigueur. Pour Inge Cantegreil, spécialiste en psychopathologie, ceux qui tirent les ficelles sont d'abord « d'excellents commerçants » qui utilisent leur savoir faire d'attraction dans le but de « prendre le pouvoir » sur des individus « et de leur extorquer de l'argent ». Avant toute chose, les dérives sectaires s'accompagnent d'une domination psychologique d'une personne sur un autre. Cette domination ne naît pas de rien : un long et prémédité travail de contrôle de l'autre est organisé.

Dans une première étape, il s'agit d'accrocher l'intérêt de l'individu. Pour cela, la scientologie affiche clairement son objectif, « trouver le bonheur ». Mais une belle vitrine ne suffit pas pour qu'une boutique soit réellement attrayante. Des techniques très fructueuses ont pour dessein d'attirer les potentiels adeptes. Selon le professeur Cantegreil il s'agit de « nourrir le besoin de reconnaissance de l'autre » par la flatterie déguisée. Par exemple en abordant une personne dans la rue et en lui disant « on a besoin de gens comme vous », le but est de faire ressentir à la personne son unicité et de la distinguer des autres, de la masse. L'idée est également de rester assez vague sur le but de l'organisation ; la Scientologie ne définit pas un dieu précisément, comme le font la plupart des religions, dans le but de toucher un maximum de gens en dévoilant un minimum de choses.

Dans un second temps, le but est d'accaparer l'attention de la personne par un harcèlement de propositions variées : réunions, séminaires, montage de pièces de théâtre (etc.) et ainsi la couper petit à petit de ses proches. Pour la Scientologie, cette phase s'accompagne d'un assujettissement psychologique guidé par différents exercices. L' « audition » permet à un adepte de commencer le travail de prise de pouvoir psychologique sur un autre en l'habituant à être soumis à des ordres ou encore en l'amenant à dévoiler les maux dont il a souffert dans sa vie de sorte à installer un climat d'extrême confiance. A l'issue de cette phase, une dépendance s'apparentant à une véritable addiction a pénétré le nouvel adepte.

Enfin, la dernière étape constitue l'aboutissement du piège. Par des méthodes délétères telles que la privation de sommeil ou le manque de nourriture, la résistance de l'individu est mise en jeu et sa lucidité à refuser ce qu'on lui demande est affaiblie. Ainsi, Maria Pia Gardini, ancienne cadre de l’Église de Scientologie témoigne au micro de France 2 des souffrances infligées aux adeptes ne produisant pas assez : « Ils se lèvent à six heures […], font des travaux les plus durs […], s'arrêtent à midi pour manger les restes des autres staffs […] et vont au lit à une heure. » Au moment où leur perte de dignité est la plus complète, les adeptes deviennent entièrement sujets aux demandes d'argent et aux pressions démesurées.

Il est extrêmement compliqué pour ces derniers de revenir à la vie courante. Le fait pour eux d'avoir rompu le contact avec leurs anciens proches les a considérablement rattaché au groupe sectaire qui devient traître et emploie l'adepte démuni à des fins malsaines. De plus, le travail d'endoctrinement le mène à un oubli de sa vie antérieure. Non pas l'oubli des faits mais celui des sentiments qui ont accompagnés ces instants de vie passés. Selon Mme. Cantegreil, l'adepte imagine qu'il était alors « une autre personne » ; rien ne le rattache à son passé, pas même lui.

La Scientologie veut vendre du bonheur, et de bons vendeurs font de bonnes affaires. Maria Pia Gardini n'y contreviendra pas, elle qui, comme beaucoup, a laissé plus d'un million d'euros à l’Église. Au bon souvenir de François-Marie Banier et Liliane Bettencourt, il n'est pas toujours inscrit secte sur le front des manipulateurs.

 

Gabriel Gorce