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Nos aliments gaspillés par le capitalisme !

Nous connaissons tous  le principe du système capitaliste. Il s'agit d'un concept économique, politique et sociologique, caractérisé par la propriété privée des moyens de production. Actuellement le plus répandu au monde, ce système a eu de nombreux effets positifs sur l’amélioration de la qualité de vie des populations en bénéficiant. Néanmoins, il entraine également des conséquences négatives. La rédaction des Petits Papiers vous propose de vous pencher sur l’une de ses conséquences : le gaspillage de milliers de produits alimentaires parfaitement comestibles qui sont jetés chaque jour par les distributeurs.

Peu de personnes savent que toutes les chaines de distribution vendant des produits alimentaires sont soumises à des normes qu'elles doivent respecter sous peine de sanctions. L'une de ces normes est de jeter tout produit ne pouvant plus se vendre. Les plus chanceux passeront par la case « reconditionnement », tandis que la grande majorité est transformée en déchets. Au niveau mondial, ¼ de la nourriture produite est jetée sans avoir été consommée. Ce sont des chiffres affolants lorsque l'on sait que 13% de la population mondiale souffre de sous-alimentation.

La raison de ce gaspillage ? Une peur de ne pas vendre ces produits détériorés et à l'aspect pas très attrayant pour l'acheteur, que ce soit un simple emballage déchiré, une feuille de laitue abimée ou une date de péremption dépassée d'un jour (alors que la plupart des produits sont en réalité encore consommables quelques jours après la date limite).

Nous avons demandé à quelques employés d'une des grandes enseignes nationale ce qu'ils pensaient de ce système. Georgio, 20ans, employé au rayon épicerie nous répond : « C'est le système, c'est comme ça. Si on nous demande de le faire, il doit y avoir une raison... Personnellement je ne trouve pas ça correct et humain à vrai dire, juste parce qu'il manque un macaron dans une boîte il faut jeter le reste... C'est compliqué. »

La chef des rayons nous répond quant à elle que « c'est la procédure à respecter, point. ». « Je pense que si l'on donnait nos produits défectueux aux plus démunis, une grande partie de nos stocks seraient encore plus détériorés que maintenant, sans aucun remord. Même nos employés se mettraient à défaire les emballages pour en profiter, ce serait ingérable pour nous. Malgré les nombreuses caméras de surveillance, on ne peut pas tout voir. Imaginez la crise qui nous toucherait dans ce cas là, autant dire que plus rien ne pourrait être ensuite vendu. Ce serait, je pense, la fin du système. » Cette femme nous a ensuite décrit un renvoi suite à des abus d'employés : « Le mois dernier, un jeune est allé à la casse, là où nous déposons tous nos produits invendables et invendus. Il a pris un paquet de bonbons, nous avons été obligés de le renvoyer sans discussion. »

Mais à Herstal, en Belgique, il existe de grandes surfaces n'ayant plus le droit de jeter ces produits qu'ils redoutent tant. Leur magasin doit faire don aux associations d'aide alimentaire qui récupèrent ces produits ne pouvant plus être proposés en magasin. Cette expérience commence à se diffuser dans tout le pays, donnant ainsi l'espoir de ne plus voir nos aliments jetés et gaspillés. Alors cessons d'endommager les emballages. Et si vous voyez un paquet de gâteaux un peu abimé ou cabossé, achetez-le, car il sera toujours comestible. Pensez que l'aspect n'est pas important nous sommes les seuls à pouvoir changer les choses.

Sabrina Trabelsi