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Russell Crowe, un nouveau Clint Eastwood ?

Le 23 mars 2015, l’avant-première du film « La Promesse d’une vie » (The Water Diviner) a eu lieu à l’UGC des Halles ; le premier film de Russell Crowe exporté à l’étranger.  Les Petits Papiers de Descartes se sont rendus sur place pour participer aux débats entre les spectateurs, Russell Crowe et la somptueuse Olga Kurylenko (Quantum of Solace). Déjà récompensé et acclamé en Australie, qui sait si notre Gladiateur favori ne deviendrait pas le nouveau Clint Eastwood ?

Le film relate l’aventure d’un sourcier australien qui part à la recherche de ses enfants disparus après la Bataille de Gallipoli en 1916 entre l’Australie et la Turquie. Une aventure qui a littéralement ensorcelé le public des Halles peu après le départ du héros (interprété par Russell Crowe lui-même) en Turquie. 

A la fin du film, le débat commença par la question d’un spectateur qui tenta d’impressionner avec un anglais que M.Crowe  amusé eu du mal à comprendre : « why make a movie now and why this kind, instead of romantic movie ? (Pourquoi  faire un film maintenant et pourquoi ce genre de film, au lieu d’un film romantique ?) M. Crowe se montra alors extrêmement bavard, ce qui fit rire le public et la pauvre traductrice qui tentait désespérément de retranscrire de la manière la plus authentique possible sa longue réponse. En résumé, être un acteur, c’est accepter de ne pas avoir tout le contrôle sur sa vie : ne pas savoir dans quel pays on va tourner et durant combien de temps. Quand on est père de deux enfants, c’est important de rester proche de sa famille et c’est pour cette raison qu’il a choisi de prendre un nouveau tournant dans sa vie en tant que réalisateur. Le fait de réaliser son film en Australie lui a permis de voir ses enfants plus souvent, qui se rendaient même en hélicoptère sur les lieux du tournage ; une situation qu’il ironise en déclarant qu’en allant voir son film, le public faisait une bonne action pour ses enfants. Concernant le genre de film : la bataille de Gallipoli est une page importante de l’histoire de l’Australie et si dans les manuels scolaires, l’Australie est dépeinte comme héroïque, en territoire ennemie la vérité est tout autre. Ce fut une guerre meurtrière aux intérêts très contestables. Russell Crowe qui aime son pays ne voulait pas pour autant que l’on oublie les pertes civiles turques, que l’on les assimile à des barbares et que l’on continue à véhiculer des préjugés sur leur culture. Une culture qu’il respecte et qu’il appréhende avec respect dans le film.

Le débat a ensuite tourné sur la spiritualité importante pour le réalisateur et enfin la possibilité d’un nouveau film, dont les tenants restent encore secrets car « à Hollywood, quand on parle d’un projet, il a tendance à s’éloigner de nous ».  

A l’issue du débat et selon un avis partagé avec plusieurs spectateurs, Russell Crowe  semble être à l’image des personnages qu’il incarne : un homme de principe, simple, discret et pour autant très charismatique. Enfin, s’il est peut-être trop tôt pour faire de Crowe le nouveau Eastwood, il est déjà certain aux yeux de la critique que sa transition est réussie, la sortie officielle qui aura lieu au début du mois de mai nous permettra de savoir si le public confirme cette tendance, réponse à suivre…

Yohan Saksik