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Les logements étudiants, un problème insurmontable ?

Selon les chiffres de l’INSEE, 7% des étudiants bénéficient d’un logement étudiant, et déjà cette faible proportion semble difficile à maintenir. Chaque année, le nombre de demandes explose, et seule une minorité finit par obtenir les clefs d’un appartement …

Manon Viannay, étudiante en première année d’école de commerce à Paris, a finalement pu s’installer dans l’un des rares logements étudiants de la capitale. Pour l’obtenir, il lui a fallu s’adresser au père d’une amie qui a pu, grâce à ses contacts, lui garantir l’obtention de l’appartement tant désiré. Manon reconnait que cette façon de faire n’est pas très élégante, mais « c’était le seul moyen. J’avais absolument besoin de ce logement, je ne pouvais pas juste compter sur un coup de chance. »

L’attribution des logements étudiants relèverait donc de la chance ? On serait tenter de croire que oui : un grand nombre de demandes (cette année, le CROUS en a reçu près de 100 000), et seulement 4000 logements (en comptant ceux qui sont déjà attribués !). Mais la procédure d’attribution est floue, et sujette aux tricheries. En théorie, les étudiants boursiers sont prioritaires, mais en pratique le système est si opaque que personne n’est en mesure de vérifier l’ordre dans lequel les demandes sont finalement examinées !

Mais, ne voyons pas non plus le mal partout. Le piston reste très occasionnel, et l’attribution des logements relève manifestement davantage du hasard que d’une réelle logique. Le vrai problème reste tout simplement le manque de logements. Et l’Etat aura beau multiplier les aides, le CROUS pourra toujours tourner et retourner la liste des demandes, c’est un fait : il n’y aura pas assez d’appartements pour tout le monde.

Pourquoi si peu de logements étudiants ? Comme toujours, une question d’argent …

Mr. Alain M, dirigeant d’une petite entreprise de construction spécialisée dans le logement social, est bien conscient de ce problème, qu’il peut constater tous les jours. « Construire des logements privés, c’est largement plus rentable. Il y a des quotas de logements sociaux imposés par l’Etat, mais sans ça il ne se trouverait personne pour se lancer dans un marché qui ne rapporte rien ! ».

Sans compter que les nouveaux logements sociaux sont construits dans les banlieues et les petites villes, là où il y a de la place. Dans les grandes villes universitaires, comme Paris (l’enfer du logement étudiant !), il n’est pas question de construire de nouveaux bâtiments. La seule solution pour augmenter le nombre de logements étudiants consiste donc à transformer des appartements existants en logements sociaux, aux frais de l’Etat. Cette année, l’ancien appartement de Frigide Barjot est devenu une colocation et accueille cinq étudiants boursiers. Un appartement de 173 m2, dans le XVème, tout de même ! Nous pouvons toujours espérer qu’il sera le premier d’une longue série …