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Des origines à l'avenir des grands singes, une immersion passionnante !

Jusqu'au 21 mars 2016, au jardin des plantes, se tient l'exposition : «  Sur la piste des grands singes ». Une plongée dans la forêt tropicale, l'occasion pour le visiteur d'approcher ces primates vivants si loin de nos contrées.

Les grands singes seraient nos plus proches parents. Nous partageons avec les chimpanzés plus de 98 % de notre patrimoine génétique. Mais par delà les chiffres et la théorie, que savons-nous d'eux, et de leur quotidien ? «  Faire en sorte que le public parte à la découverte des grands singes dans leur environnement (…) pour mieux comprendre comment ils se comportent dans la nature » voilà l'objectif selon Anne-Camille Bouillé, conceptrice de l'exposition.

Pour Sabrina Krief, primatologue, c'est aussi un moyen de partager avec le visiteur le « lien familial » qui nous unit à eux. Cette idée peut encore en faire bondir certains. Au premier abord il est vrai que beaucoup de choses nous séparent. Le périple au travers des différentes parties de l'exposition nous révèle pourtant que beaucoup de points communs nous rapprochent. De l’immersion sonore et visuelle proposée par le Muséum national d'histoire naturelle à la présentation d'expériences scientifiques, les découvertes sont étonnantes. Vous ferez la connaissance de Washoe, une guenon chimpanzé qui apprit la langue des signes américaine, et qui en maîtrisait environ 250 items, et de Kanzi, artiste bonobo mâle comprenant plus de 3000 mots parlés et 348 symboles, dont les toiles se négocient jusqu’à 1500 euros.
Des habitudes proches de celles de l'Homme
Tout un chacun a déjà observé les gestes et mimiques dont sont capables les grands singes pour exprimer  leurs émotions et communiquer. Comme ils nous ressembler alors ! Mais saviez-vous qu'au plus profond de leur forêt, ils pratiquent (comme nous parfois, au grand dam de notre médecin traitant) l'automédication, en consommant des végétaux aux vertus thérapeutiques ?  Les chimpanzés se servent des mêmes plantes utilisées par les médecines traditionnelles locales. Pas si bêtes, les grands singes : certains améliorent leurs techniques de pêche aux termites, ou au miel en utilisant des outils, quand d'autres prémâchent des feuilles qui serviront d'éponge pour récupérer l'eau des flaques.
Un apport scientifique de taille
L'observation de leurs habitudes alimentaires lorsqu'ils sont malades a permis aux chercheurs de découvrir des molécules jusque-là inconnues permettant de traiter les cellules tumorales et le paludisme.
En outre, de nombreux domaines scientifiques sont impactés par l'étude de notre parenté, et l'idée darwinienne de l'adaptation progressive de l'organisme au milieu. C'est dans cette perspective que, par exemple, la psychologie de l'individu en développement fera évoluer sa pensée de la croyance en un prédéterminisme décidé par Dieu, pour aboutir à une vision de l'ontogenèse où tant l'individu et ses gènes que les conditions dans lequel il vit auront une influence.
Cette vision adaptative et génétique se retrouve dans l'observation de nos cousins, comme en témoignent les 39 comportements culturels différents d'une communauté de chimpanzés à l'autre, transmis au groupe de génération en génération, que vous découvrirez au cours de votre visite.
Une ombre au tableau, et de taille : toutes les espèces de grands singes sont en danger, ou en voie critique d’extinction. Et nous en sommes la cause. Comment nous en sommes arrivés là, et ce que personnellement nous pouvons concrètement faire pour retourner la situation est un des élément phare de la fin de cette immersion dans la forêt tropicale.
Doutez-vous encore de cette « scandaleuse origine commune » ? Vous devrez bien vous résigner à l'accepter dès le début de votre visite : on à tous un ami qui ressemble, vu de dos au chimpanzé commun photographié par Jean-Michel Krief.

Stéphanie Pascart