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« Grace au FIT, je vis ! »

L'association le FIT, « une femme, un toit » est le seul centre d’hébergement à Paris qui accueille des femmes de 18 à 25 ans victimes de violences. Environ 100 jeunes femmes par an revivent grâce au FIT.

Créé en 1969, le FIT, « une femme, un toit » est une association loi 1901, laïque et féministe qui gère le Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) «Les UniversElles» à Paris. Il est composé de 60 places. L’hébergement en CHRS est financé par l'Etat et plus précisément par la Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement en Île-de-France.  L'association fait partie de deux grands réseaux d'associations que sont le réseau Féministe en Mouvements (45 associations féministes) et d'Abolition 2012 (60 associations féministes). Cette association est structurée de la façon suivante : en haut il y a une assemblée générale (qui fixe les notions d'orientations, composée des adhérents qui se réunissent une fois par an) qui élit le conseil d'administration (qui concrétise les objectifs et qui se réunit une fois par trimestre) qui à son tour élit le bureau (présidente, trésorier, secrétaire...).  Récemment, Françoise Picq, docteure d'Etat en sciences politiques, chercheuse à l'institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO), féministe depuis les années 70 et notamment l'auteure de «Libération des femmes, quarante ans de mouvements» a intégré le CA de l'association.

Un accompagnement dans les tâches du quotidien

Les jeunes femmes accueillies au CHRS disposant de revenus paient un montant équivalent à 10% de leurs revenus. Pour celles qui ne disposent d’aucun revenu, l'association leur fournit une aide matérielle (tickets service, alimentation, laverie, etc.) qui leur permet d'alléger leurs soucis quotidiens. L'admission au FIT se fait après un entretien de pré-admission avec la directrice et une éducatrice, aboutissant à la signature d'un contrat de séjour. L'équipe éducative est spécialisée dans l'accompagnement des femmes victimes de violence. Cinq éducatrices accompagnent, encouragent, guident mais surtout s’intéressent à ces femmes. Chaque résidente est soutenue individuellement par une éducatrice qui l'accompagne vers l’autonomie, la responsabilisation, l’accès à la citoyenneté par la prise de conscience, le dialogue, le débat. Le CHRS dispose d'une salle informatique, d'un salon, d'une cuisine collective, d'une bibliothèque, d'une vidéothèque et d'une salle de  Fit ness.  De plus, l'association leur permet de participer à diverses activités, allant de la boxe à un voyage aux Etats-unis.

Apprendre à déconstruire pour se reconstruire

D’après Marie Cervetti, directrice du FIT, la première action c'est l'éducation pour aider ces jeunes femmes à « déconstruire les choses », déconstruire tout ce qui n’est pas juste, tout ce qu'elles ont intériorisé depuis toujours qui leur dit qu’elles sont différentes des autres femmes et surtout des hommes. Une résidente me dit « on s'est évadé du trou et on doit tout réapprendre car on va vivre dans un autre monde. Il faut s'exprimer, il faut raconter, décrire, parler de soi ».

Le but de l'association est de provoquer un changement chez les femmes accueillies afin de ne plus revenir en arrière, de ne plus revivre la même chose pour ne plus accepter d'être dominées.

L'association apprend à ces femmes à devenir autonomes mais surtout libres. Le dernier « FIT info » (magazine de l'association) se conclut par la phrase suivante : Alors retroussons nos manches et n'oublions pas que le silence des pantoufles est tout aussi mortifère que le bruit des bottes ! Marie Cervetti affirme que : «Le féminisme ce sont des combats longs qu'on finit par remporter par des luttes microscopiques.» Ces associations agissent pour faire changer les choses, faire prendre conscience aux femmes qu'elles doivent s’organiser collectivement pour préserver et défendre leurs droits.

 

   Aïcha Boufousse