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Quand donner améliore la santé !

Si la générosité des français profite aux associations et à leurs bénéficiaires, des études scientifiques se sont intéressées aux bienfaits des actes altruistes sur la santé et le bien-être, et devinez quoi ? Donner nous ferait du bien !

Pas une semaine ne se passe, sans que Paris ou sa proche banlieue, ne soit le théâtre d’un événement solidaire à l’attention d’une association. Dimanche 27 septembre, 2500 coureurs au grand cœur et plus d’une centaine de bénévoles se sont réunis au domaine de Saint-Cloud, pour participer à la course « Enfants sans cancer ». Plus d’1 millions d’euros ont été récoltés et intégralement reversés à la recherche, pour financer les essais cliniques. La veille, au même endroit, 500 femmes se sont rassemblées pour la 2ème édition du Triathlon des Roses, un évènement dédié à la recherche sur le cancer du sein, qui lançait le mois Octobre Rose. Un peu plus loin, autour de l’hippodrome de Longchamp, 300 cyclistes se lançaient dans un contre-la-montre solidaire, dont les fonds permettront de financer l’opération de deux enfants, atteints de malformation cardiaque. Si les causes défendues ne se ressemblent pas, lorsque l’on assiste à ces événements, il y a une similitude que l’on ne peut ignorer .... c’est la joie partagée par les participants, l’euphorie des jours de fête, le bonheur intense d’être juste là.

 « Le bénévolat agit comme une ressource pour les bénévoles » 

Une étude publiée, en février 2015, dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, s’est intéressée aux bienfaits du bénévolat sur le bien-être et la santé. L’enquête était administrée via un questionnaire en ligne auprès d’une population d’actifs en Suisse alémanique. 774 personnes ont été interrogées et 746 questionnaires ont pu être analysés. Parmi eux, 35% concernaient des personnes qui occupaient, en plus de leur activité professionnelle une activité de bénévole. Les questions portaient sur leur vie professionnelle, l’équilibre de vie entre leur vie privée et leur vie professionnelle,  leur engagement en tant que bénévole et, la perception de leur état de santé physique et psychique. Les résultats de cette étude montrent d’une part, que le bénévolat serait associé à des niveaux de stress et de burn out plus bas que ceux observés chez les actifs non bénévoles et, d’autre des niveaux de bien-être psychologique, émotionnel et social plus élevés. Ils ressentiraient également un meilleur équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle, et ce malgré le fait que leur activité de bénévole leur demande du temps et de l’énergie. Même si cette étude n’a pas été construite pour établir un lien de causalité, une de ses contributions importante est, qu’elle parvient à montrer le lien entre le meilleur équilibre de vie et les effets observés sur la santé. Ainsi, le bénévolat agirait comme une ressource pour les bénévoles : le bien être qu’il générerait éviterait les conflits et améliorerait la santé physique et psychologique des individus.

« Donner rend plus heureux ! »

Une autre étude, publiée en 2008 dans la revue Science révèle que dépenser pour les autres rend plus heureux que, dépenser pour soi. Dance cette étude, les résultats  d’une enquête nationale 

conduite  aux États-Unis, sur la manière dont les gens réagissaient et utilisaient des bonus décernés par une société de la région de Boston, ont été combinés avec un ensemble d’expériences de laboratoires effectuées sur des étudiants en psychologie. Il ressort de ces trois axes de recherche que les gens qui ont dépensé de l’argent pour les autres, en ont été plus heureux que ceux qui l’avaient dépensé pour eux. Selon les résultats, donner, ne serait-ce que 5 dollars, aurait suffi à accroître le bonheur des gens ce jour-là.

Allez vers les autres en donnant de son temps ou de son argent,  c’est aussi s’offrir des bénéfices pour soi à long terme. En choisissant des activités utiles, en lien avec ses valeurs, l’acte d’engagement  permet de cultiver l’estime de soi et, de développer un sentiment d’appartenance à un groupe. Il permet aussi d’améliorer ses compétences sociales, d’enrichir son réseau de connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences, qui pourront être valorisées dans un contexte professionnel.

Compte tenu de ces résultats, on se demande pourquoi l’acte altruiste n’est pas rendu obligatoire…c’est peut-être parce que, dès lors que cet acte devient intéressé, tous les bénéfices escomptés disparaissent !

Encadré :
La France est en crise ! Les français sont généreux !
En 2014, 21 millions d’entre nous, affirment donner de leur temps, leur énergie, leur compétence à une cause. Parmi eux, 17,1 millions le font au sein d’une association.
Parallèlement, près d’un français sur deux ferait un don en argent, une  générosité qui se traduit par un total de plus de 4 milliards d’euros en 2014, soit un don moyen annuel de 400 euros.
Source : France bénévolat et France générosité

Témoignage de Marie, étudiante en master et bénévole dans une association de quartiers
 « Je n’avais jamais rencontré un tel esprit d'équipe, de solidarité et de générosité. C'est une expérience qui a enrichi ma vie et qui me permet de prendre conscience des problèmes de notre société. J’ai la sensation d’appartenir à une famille et de me sentir vraiment utile. Je donne de mon temps et de mon énergie mais je reçois beaucoup. Quand je repars de là, je me sens boostée, pleine de gratitude ».
A la question, pensez-vous que le bénévolat améliore votre santé Marie répond : « Je suis plutôt en bonne santé, ce qui est certain, c’est que j’ai moins tendance à me regarder le nombril, et ça m’aide à relativiser sur mes soucis du quotidien »
Et vous rend-il plus heureuse ? : « je ne sais pas, mais il est participe grandement, c’est certain ! »

 

Sophie Boursange

Sources :

Busy yet Socially Engaged: volunteering, Work-life Balance, and Health in the working population. Ramos et al. in Journal of Occupational and Environmental Medicine, 2015;57(2):164-72

Spending Money on Others Promotes Happiness. Dunn et al. in Science, 2008;319 (5870): 1687-1688