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Un désintérêt croissant de la lecture chez les jeunes.

Alerte ! En France, selon un sondage de Livres hebdo datant de l’année dernière, il s’avère que 69% des 15 ans ou plus ont lu au moins un livre ces douze derniers mois contre 74% en 2011. Quelles sont les causes et les conséquences de ce désintérêt de la lecture ? Les Petits Papiers mènent l’enquête.

Des livres à lire pour l’école...

Des collégiens ont été interrogés afin que le sujet soit éclairci. Thomas et Gaëtan, 13 ans, répondent : « les livres donnés au collège sont souvent trop compliqués ». Par exemple, le célèbre roman les Misérables de Victor Hugo n’est pas vraiment apprécié par les élèves de quatrième car il est considéré comme étant trop complexe à comprendre pour des enfants qui n’ont qu’entre 12 et 14 ans. Cela favoriserait au contraire une forme de dégout de la lecture. Si l’histoire n’est pas à la portée du collégien, le livre ne va rien lui apporter, de même que s’il est forcé à lire un livre dont il ne saisit pas le sens il ne prendra sûrement pas l’habitude de lire de façon indépendante.  Les collégiens auraient donc besoin de livres plus légers, peut-être plus actuels, qui seraient en lien étroit avec leurs centres d’intérêts. Gaëtan nous confirme que « certains livres ne sont pas intéressants ».

 … Qui ne sont pas toujours au goût des collégiens

Il ne faut pas oublier que le collège, c’est la période où l’on devient adolescent, et les thèmes récurrents sont l’amour, l’amitié…  Des livres qui seraient en rapport avec ce qu’ils aiment pourraient être un moyen pour les encourager à lire. Par exemple, Thomas nous cite le livre « De Sacha@Macha » de Rachel Hausfater et Yaël Hassan. C’est un livre qui aborde le thème de l’amitié entre deux adolescents à travers un échange de mails. Il a été apprécié du fait de son originalité (le livre entier est sous forme d’e-mails) mais également de son thème, puisqu’il s’agit d’une amitié naissante entre les deux protagonistes. Enfin, on retrouve dans ce livre des valeurs comme la confiance, le soutien mutuel qui parlent aux adolescents.

L’importance des valeurs divulguées par les livres

Une étude menée en Angleterre par le magazine BBC News en 2011 explique pourquoi le livre « Des souris et des hommes » de Steinbeck est étudié par plus de 90 % des écoles aux étudiants de 3ème. L’étude distingue deux arguments : d’une part, le livre est relativement court, et d’autre part il aborde des thèmes actuels. C’est un livre à caractère moral, qui tend à diffuser des valeurs universelles comme la compassion. Une fois encore, l’histoire est basée sur une amitié entre les deux personnages principaux. Il permet également de sensibiliser et de prévenir du harcèlement moral, caractérisé comme étant un « antidote contre l’intimidation », sujet très actuel avec l’abondance des réseaux sociaux qui représentent un véritable danger pour les adolescents. Ainsi, l’étude de livres peut être un moment opportun pour le professeur de faire de la prévention, et d’aborder en cours l’importance de respecter certaines valeurs communes.

La lecture, pas toujours synonyme de livres.

A l’âge des collégiens, les filles préfèrent lire des magazines féminins alors que les garçons  lisent des magazines liés au sport, ou des bandes dessinées considérées comme étant « simples et amusantes » par Gaëtan, 13 ans. Au final, les enfants lisent beaucoup mais peu d’œuvres littéraires. Il faut alors trouver les moyens nécessaires  pour conduire les enfants vers la littérature, à condition que la lecture reste toujours un plaisir. Enfin, la lecture s’effectue désormais sur des nouveaux supports comme les tablettes ou les smartphones mais plus nécessairement sur des livres. Le livre se retrouve concurrencé et n’est plus qu’un média parmi tant d’autres, qui n’est en plus pas vraiment attractif face aux multitudes d’images présentes dans les différents écrans. Par ailleurs dans un article récent publié sur le Figaro une enseignante rappelait les résultats d’un de ses sondages : « quand j'ai demandé à mes élèves de 5e s'ils préféraient lire sur papier ou s’assoir devant un écran ils ont choisi l'écran à 99,9 % ».              

Mais ce n’est pas parce que un enfant est sur internet qu’il ne lit pas. La lecture des adolescents est souvent liée à la sociabilité, qui repose surtout sur des échanges de messages écrits sur internet.  Malheureusement, la qualité de ces lectures n’est pas à la hauteur des livres. Il ne faut surtout pas oublier de lire, quel que soit le support car, comme le rappel la maxime : «  la lecture est à l’esprit ce que l’exercice est au corps ».

 Julie Delrieu