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1, 2, 3, DORMEZ !

L’hypnose s’est fortemment développée ces dernières années, que ce soit dans certains spectacles  ou plus sérieusement à vertu thérapeutique. Tandis que certains tentent de se souvenir de leur naissance, d’autres préfèrent aller voir Messmer le fascinateur. Ces pratiques se développent de plus en plus et le public peut se laisser prendre au jeu.

Ces dernières années, on a pu voir apparaître de nombreux nouveaux magiciens-hypnotiseurs tel que Messmer le Fascinateur. En commençant par tester sa salle, Messmer va ensuite sélectionner ses sujets d’hypnoses parmi les plus réceptifs. Il donne ensuite une représentation assez burlesque mêlant humour et  spectacle vivant. En effet, il parvient grâce à l’hypnose, à faire ce qu’il veut des personnes sous son emprise. On a pu voir une femme « devenir » Rocky Bolboa et se battre contre un ennemi imaginaire, encouragée par un entraineur et un public, entièrement hypnotisés.

Selon notre enquête, 81,8% des Français croiraient en l’hypnose et pourtant, seulement 9,1% y ont réellement pris part ou vu les effets. Ainsi l’hypnose est une activité de plus en plus attractive. Parmi le panel des personnes interrogées, Alexandre nous explique qu’il “croit en la définition première de l’hypnose : que l'humain peut se conditionner et réussir à modifier (légèrement selon mon opinion) son comportement en fonction d'une situation particulière induite ou naturelle. En revanche, je trouve les clichés sur l’hypnose ridicules ou trop poussés. Et bien que je reconnaisse ne jamais avoir sincèrement cherché à en savoir plus, je ne crois pas que certaines personnes puissent contrôler les gestes d'une autre”.

Cependant, ces phases de spectacle ne se font pas dès l’entrée en scène. C’est après un endormissement profond, permettant l’accès à l’inconscient, que Messmer peut obtenir ce qu’il veut des sujets placés sous hypnose. Essayons de comprendre d’avantage ce phénomène.

Véritable don ou manipulation de l’esprit ?

Erickson est l’un des premiers psychologues à définir l’hypnose. Comme l’écrit Jay Haley, Milton H. Erickson (1901-1980) fût un thérapeute « hors du commun » : il fit preuve de créativité, de perspicacité et d’humanité avec ses patients et utilisa l’hypnose d’une façon beaucoup plus permissive, moins autoritaire que l’hypnose ancienne. Erickson traitait la dynamique de la maladie du patient en mobilisant ses ressources propres, en employant ses croyances et son langage. Ainsi, il considérait l’inconscient du patient non pas comme un réservoir de traumatismes et de culpabilité, mais comme « un grand magasin de ressources » lui appartenant et que celui-ci était jusque-là dans l’impossibilité de mobiliser. Erickson utilisait les compétences de la personne, enfouies dans son « grand magasin de ressources », les renforçait et l’aidait à les utiliser pour résoudre son problème.

 

Rencontre : Sophie Sense, hypnothérapeute

Sophie Pense hypnose

Crédits Photographiques, Sophie Sense, « Les chemins du mieux vivre », 2014

Descartes : Qu’est ce qui vous a poussé à vous engager dans cette voie ?

Sophie Sense : Du plus loin que je me souvienne,  j’ai toujours eu pour préoccupation l’aide de l’Autre. J’ai tout d’abord développé une écoute active puis rapidement inscrit mon évolution, tant personnelle que professionnelle, dans l’appropriation de savoirs pour progresser vers une aide encore plus efficace. Mon parcours est jalonné de rencontres clés avec divers thérapeutes et la transmission de leur savoir m’ont confirmé ma vocation.

D : Ne vous a-t-on jamais traitée de charlatane ?

S : Non, pas encore. Mon activité se développe principalement par le bouche à oreille. Les résultats doivent être là !

D : Dans quels domaines pouvez-vous traiter votre patientèle ?

S : Dans les domaines psychologique et physique, qui sont étroitement liés. Mon panel d’actions y est très vaste. Vous trouverez sur mon site internet  des témoignages divers qui montrent l’étendue des possibilités.

Je profite de cette interview pour informer les lecteurs que, suite aux récents évènements dramatiques du 13/11/15, il est possible de sortir très rapidement des états de stress post-traumatique et autres chocs émotionnels liés en 1 ou 2 séances. N’hésitez pas à faire circuler cette information positive car ceux qui subissent cet état vivent un enfer !

D : Quelles techniques d’hypnose utilisez-vous ?

S :  J’ai d’abord été formée à l’hypnose Ericksonienne. J’ai appris comment fonctionnait l’inconscient, quel en était son rôle, comment s’adresser à lui, les protocoles adéquats et la PNL (Programmation Neuro Linguistique). Puis j’ai découvert l’EMDR (Eye Movement Disensitization and Reprocessing), thérapie mise au point à la fin des années 80 par la psychologue américaine Francine Shapiro . Cela consiste à faire déplacer les yeux de gauche à droite ou de bas en haut, pour modifier un état émotionnel négatif. A partir de ces enseignements que j’ai additionnés,  j’ai mis au point une technique plus personnelle et plus adaptée à ma patientèle.

D : A-t-on une chance de vous voir un jour sur scène ?

S : Ce n’est pas à l’ordre du jour. Même s’il m’arrive d’utiliser l’hypnose rapide, dite de spectacle, elle s’effectue à huis-clos. Je m’inspire de cette technique de mise sous hypnose pour apporter quelque chose de constructif à la personne et non pas pour divertir.

 

Théo Monteil