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L’état d’urgence au sein des universités.

Suite aux attentas du 13 novembre, l'état d'urgence a été déclaré lors du Conseil des ministres  qui s'est tenu dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 novembre. Créé par la loi du 13 avril 1955, celui ci doit être pris en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public.

Caractérisé par un renforcement des pouvoirs des forces de l’ordre, et par une restriction de certaines libertés, comme la liberté de réunion, l’état d’urgence ne peut être prolongé au delà de douze jours que par la loi. Et justement,  l’Assemblée Nationale a adopté jeudi 19 novembre le projet de loi prolongeant de trois mois l’état d’urgence. Comment les 1 468 500 étudiants universitaires de France perçoivent-ils ces mesures d’exception ?

L’université est un pôle important dans l’enseignement français. Forte des nombreuses disciplines qu’elle propose, elle est également connue pour abriter sous son toit un nombre conséquent d’étudiants, qui se bousculent sur les bancs de l’amphithéâtre. Elle semble être une cible de choix pour une potentielle attaque, la représentation du futur de la France, dans tout ce qu’elle a de plus intellectuel. C’est pour cette raison que le plan Vigipirate est activé. Il existe deux niveaux de plans Vigipirate depuis 2014 ; le plan « vigilance », et le plan « alerte attentat ». La France est actuellement concernée par le second code d’alerte, et se doit donc de renforcer les contrôles et la surveillance des sites sensibles.

« Conformément aux mesures et consignes qui vous ont largement été diffusées depuis samedi 14 novembre, l’accès aux sites de l’université n’est autorisé que sur présentation de la carte d’étudiant à jour (2015-2016). ». Ce mail, chaque étudiant de l’université Paris Descartes l’aura reçu au moins deux fois. Mais la prévention n’est pas la seule action mise en place par les universités ; devant chaque faculté les étudiants, à l’heure ou en retard, devront prendre le temps d’ouvrir leurs sacs et de montrer leur carte d’étudiant, attestant de leur appartenance à la faculté. Ce sont des agents de sécurité qui sont en charge de cette vérification, provenant de sociétés privées de surveillance. Pascal est l’un d’entre eux. Les mots d’ordre dans une telle mission sont « vigilance et protection ». Mais comment penser la « protection » sans l’usage d’une arme ? Reconnaissant qu’ils n’ont pas de quoi ouvrir le feux sur un individu qui se révélerait être dangereux, Pascal explique cependant qu’ils sont formés pour réagir dans une telle situation, informer de façon immédiate les services compétents, voire même effectuer les gestes de premier secours.

Certains étudiants se demandent néanmoins si cette présence quotidienne est d’une réelle utilité, ou si elle n’est pas seulement une illusion de sécurité. Pour Alexandre, étudiant en deuxième année de droit, la présence de ces deux agents de sécurité ne dissuadera pas un individu profondément déterminé. Il raconte d’ailleurs, dépité, que dans sa bibliothèque de banlieue, c’est une vieille femme qui est responsable de la vérification des sacs à l’entrée. Pour lui, il s’agit davantage d’une présence rassurante que profondément efficace. Cet avis n’est pas partagé unanimement. Alix, étudiante en troisième année à St Quentin en Yvelines, se sent en sécurité dans sa fac, consciente de l’extrême attention que la direction porte au problème. « On était en amphithéâtre lorsque nous avons tous été évacué. Une voiture suspecte était garée juste devant la fac. La menace est omniprésente, mais la réaction de l’université était immédiate et organisée. Si nous, étudiants, nous sentons nerveux parfois, je pense que la direction l’est tout autant puisqu’elle est responsable. C’est pourquoi je pense qu’elle est très attentive et prompte à réagir ». 

 Si leurs avis sont donc mitigés, les étudiants sont cependant unanimes quant au fait qu’il faut continuer de vivre, et d’avancer ensemble.

 Astrid Gautret