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Rosé, Blanc, Rouge - Quand le vin fait la fierté française !

44,2 litres. Il s’agit de la consommation annuelle de vin par habitant en France, selon le Wine Institute. Nous pourrions revenir aux origines du vin et de la vigne, mais son histoire est si ancienne qu’elle se confond avec celle de l’humanité. S’adaptant parfaitement à tout type de société, qu’il s’agisse de celle des gaulois, ou de celle des italiens du XXIe siècle, le vin a surtout une grande place dans le cœur de la France, consommatrice et productrice de premier plan.

C’est dans un quartier au charme ancien du XVIIIème arrondissement de Paris, aux Caves du Roy, magasin feutré où absinthes, spiritueux et vins rares cohabitent dans une odeur de vieux bois enivrante, que la caviste Camille a accepté de lever le voile sur ce milieu, fort en histoire, et faussement fragilisé par la mondialisation.

La France est le premier pays producteur au niveau mondial ; elle produit en effet environ 17% du vin de la planète. La valeur des exportations est estimée à 7,9 milliards d’euros en 2015. Cela représente 1,7 milliards de bouteilles exportées vers plus de 200 pays, mais principalement vers l’Allemagne, le Royaume-Unis, et la Chine. En ce sens, Camille confirmera la liste, en rajoutant un autre client fidèle : la Belgique. Si la présence de la Chine s’intensifie dans les échanges mondiaux, ses nombreuses et diverses exportations ne semblent pas inquiéter la caviste, qui voit en ce pays un client de taille. Ambitieuse, elle considère les pays émergents comme les clients de demain, qui permettront à l’industrie du vin français de s’élever encore un peu plus, et d’asseoir sa suprématie.

Cependant, le marché intérieur reste le marché principal, puisque 60% des vins et spiritueux produits en France y sont consommés.  L’Italie garde donc sa position de leader mondial de vin exportée depuis 2011. Elle représente 23% des échanges mondiaux, devant l’Espagne et la France. À propos de compétition, quid de la concurrence des grands magasins français rompant avec les traditionnelles caves ? Une fois avoir étudié les prix, et avoir constaté qu’il y a peu de différence entre les deux produits (quelques euros d’écart pour un produit similaire entre un caviste et un supermarché), on se demande pourquoi tant de clients achètent leur vin dans les grandes surfaces. Pour certains, c’est une question de praticité ; faisant leurs courses pour leur diner du soir, ils préfèrent acheter leur vin directement sur place, en dépit de la présence d’un conseiller.

Cependant, Camille nous apprend que la plupart de ses clients viennent après leurs courses lui acheter une bouteille, mais précise que la majorité sont des habitués. Selon une étude et des enquêtes, acheter un vin dans un magasin en grande surface serait une épreuve stressante, le rayon étant souvent long et complexe, de par la multiplicité des étiquettes, des lieux de production et des dates. « Les clients parisiens ne sont pas du tout friands d’acheter leur vin en grande surface. Aux caves, on prend le client par la main, on l’amène vers quelque chose qui correspond au mieux à ses attentes. C’est un moment relaxant je pense. Nous ne nous sentons absolument pas menacés par les moyennes ou grandes surfaces, car leur existence n’a pas d’impact sur nos ventes, notre métier étant très différent, puisqu’il s’agit d’un métier de conseil, et d’écoute. Nous avons nos clients réguliers.». Elle précise en effet qu’un tiers des amateurs de vin des Caves du Roy sont des habitués, et ont entre 35 et 70 ans en règle générale. Et puisqu’il était question de chiffres, Camille poursuit en nous expliquant qu’un demi verre par jour serait consommé en France par habitant. C’est quelque chose qu’elle constate quotidiennement dans son activité puisque la cave ne connait pas de réelles heures creuses.

Dans tous ces rayons, elle admet que le vin rouge est celui qui fonctionne le mieux ;  « Je pense que 55% du vin que nous vendons doit être du rouge, contre 30% de rosé, et 15% de blanc. Le rouge est celui qui se déguste de façon quotidienne, car il s’adapte à une plus large palette de saveurs. Le rosé est davantage acheté pour les grandes occasions, pour des soirées ou des apéritifs. Quant au vin blanc, ses ventes s’envolent à Noël, et plus généralement pendant l’hiver, mais le reste de l’année il est un peu plus délaissé. »

 

Astrid Gautret