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Deinove, partenaire du passage au vert !

Le 18 Novembre, la COP22 s’est terminée à Marrakech. C’était l’occasion de faire un zoom sur Deinove, un partenaire innovant de Paris Descartes qui travaille sur les biocarburants.

C’était les 7 et 8 décembre derniers que Deinove présentait sa solution durable à la COP21 : les bactéries. Deinove a été créé en 2006 par l’un de nos professeurs de biologie à Paris Descartes, Miroslav Radman. Avec la COP21, la société s’est développée sur un nouveau terrain : produire du bioéthanol à l’aide de certaines bactéries, les deinocoques. Ces bactéries sont au cœur des activités de l’entreprise, articulées autour de deux pôles principaux. Ces derniers sont la synthèse de nouveaux antibiotiques et de caroténoïdes, colorants utilisés dans l’alimentation et les cosmétiques. La production de bioéthanol par ces bactéries n’en est qu’à la phase expérimentale mais semble toute fois prometteuse, au regard des financements obtenus.

Et Paris Descartes dans tout ça ? L’université soutient cette entreprise depuis ses débuts, notamment en tant qu’actionnaire. Cette forme de partenariat est inhabituelle, comme le souligne le Frédéric Dardel, Président de l'université : « cette forme de partenariat est définitivement exotique, surtout avec les risques de conflit d’intérêt. La plupart des partenariats se font sous deux modalités ; soit l’université dépose un brevet développé ensuite par une entreprise, soit un professeur devient entrepreneur le temps de créer une société, pour ensuite devenir conseiller en recherche & développement. »

L’enjeu des biocarburants

Le bioéthanol est le biocarburant le plus utilisé au monde. Il est utilisé soit comme ajout à l’essence classique (E10, E85 etc…), soit directement (E100). Produit à partir de matière organique, des nombreux agriculteurs au Brésil et au Mexique se sont tournés vers la production de sucre et maïs destinés uniquement à la fabrication de bioéthanol. La possibilité d’en produire à l’aide de bactéries libérerait les parcelles exploitées pour la production alimentaire, et permettrait de faire redescendre les prix des aliments qui ont augmenté dans ces pays. Les expérimentations de Deinove sont donc très importantes pour la branche.

Cependant, même si le bioéthanol serait avantagé par une production bactérienne, son utilisation dans le moteur des voitures ne fait toujours pas l’unanimité. En effet, les bénéfices de passer au carburant vert ne sont toujours pas bien évalués autant sur la production de gaz à effet de serre que de particules fines. Certains des composés des gaz d’échappement seraient diminués tandis que de nouveaux pourraient apparaître. La sortie du pétrole reste quand même un point positif du bioéthanol. Espérons donc que Deinove réussisse à commercialiser ce nouveau carburant.

Sarah Lowe