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Projets Etudiants : Nao le robot !

 

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Première en Europe et deuxième au niveau mondial, notre université à récemment accueilli son nouveau bébé, le robot Nao  ! Placé entre les mains des étudiants et chercheurs de l’UFR d’Informatique , Nao sait déjà lire et écrire à… 6 semaines à peine !

L’équipe des PPD est allée mener l’enquête pour en savoir plus sur ce petit « Nao de Vinci ». Nous avons donc rencontré Ramy Temim , qui fait une thèse en robotique dans notre Université, et se situe à l’avant poste au niveau national dans le domaine de la robotique.

 Les Petits Papiers de Descartes : Nao ? Qu’est ce que c’est ?    Anatomie de Nao

Ramy Temim : « Ou plutôt, qui est-ce ! Nao est un petit robot humanoïde de 60 cm de haut, équipé de 25 articulations motorisées, qui lui permettent de se déplacer et de saisir des objets. Il dispose d’une multitude d’équipements  pour interagir comme nous le faisons avec l’environnement : Nao est équipé de deux caméras et de deux microphones, qui lui permettent de voir et d’entendre « en trois dimensions »,  ainsi que de haut-parleurs pour s’exprimer, de capteurs ultrasons, de senseurs tactiles, de capteurs infrarouges, etc. Il peut même se connecter en WiFi ou en Bluetooth aux objets Hi-Tech à portée ! »

PPD : A quoi sert Nao… ?

R. T. : « Nao est comme un bébé : il ne sait rien faire ou presque au moment de sa livraison ! Et c’est justement ce qui fait toute sa force : son potentiel d’apprentissage est sans limite. Pour les développeurs, la liberté est totale : ils peuvent stocker dans la mémoire de Nao des applications qui lui permettent d’exécuter un nombre croissant de tâches en autonomie : tenir une conversation, porter des objets, faire des recherches sur Internet, tout est possible avec Nao. La seule limite, c’est notre imagination. »

PPD : Et à Paris Descartes, on travaille sur quoi ?

R. T. : « Différentes équipes de chercheurs travaillent déjà sur Nao. En dehors des projets des premières années, un projet de surveillance est en développement. Une fois terminé, il permettra à Nao de surveiller une pièce : dès que quelqu’un y entre, Nao le reconnait – ou non – et lui demande un mot de passe en conséquence. Si la personne fournit un mauvais mot de passe, Nao envoie une alerte par e-mail pour signaler une intrusion non-identifiée. »

  Nao écrit

Le plus beau projet reste tout de même le projet Nao de Vinci : permettre à Nao, comme Léonard le faisait avant lui, d’écrire ou de dessiner tout ce qu’il voit ou entend. Vaste programme ! Mais les résultats sont déjà au rendez-vous. Au terme d’un impressionnant travail de développement (reconnaissance du langage et du texte, description des mouvements pour dessiner les lettres, etc.) les développeurs ont appris à Nao à écrire les phrases qu’il lit ou qui lui sont dictées.

PPD : Quel avenir pour la robotique à l’heure actuelle ?

R. T. : « A horizon 10-15 ans, les perspectives sont vraiment immenses. Comme l’a fait l’ordinateur, l’arrivée de la robotique risque fort de changer le monde une fois de plus. Avec la baisse des prix des robots domestiques, toute une communauté de développeurs commence à travailler sur Nao. Le développement de la connaissance et du nombre d’applications agrandit le champ des possibles de manière exponentielle, chacun pouvant profiter du travail des autres pour en apprendre toujours plus à Nao. »

PPD : Quel accueil le public réserve-t-il aux robots humanoïdes ?

R. T. : « Depuis plusieurs décennies, le cinéma alimente toutes sortes de fantasmes en la matière, et beaucoup de gens ont peur des travaux de recherche sur l’intelligence artificielle, peur de Skynet, peur de la matrice, enfin vous voyez !

Aujourd’hui, on passe en plus à une étape supérieure car les robots commencent à prendre « forme humaine » : certains craignent des dérives en termes de sécurité ou concernant l’emploi par exemple, que des robots puissent progressivement remplacer l’homme au travail. Bien sûr, personne ne doit souhaiter ça. Pour ma part, je me concentre davantage sur ce que les robots pourraient faire et que l’homme ne peut pas : dans les usines par exemple, on ne les voit pas forcément du même œil, mais ils ont déjà changé le monde. Les évènements récents au Japon nous ont donné un bon exemple de situation où les robots auraient pu être utiles, eux qui sont insensibles aux radiations… » 

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Propos recueillis par Pierre Pardessus