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Les meilleurs amis de l’Homme : intelligents ou pas ?

De nouvelles études paraissent régulièrement depuis quelques années sur l’intelligence des animaux. Mais d’où vient cet engouement pour nos amis à fourrure – ou pas – et quelles conclusions peut-on en tirer ?

Les chiens mobilisent les mêmes régions cérébrales que nous pour comprendre notre langage et nous reconnaître ; les corbeaux sont capables de résoudre des problèmes de logique en suivant un raisonnement par étape ; les minuscules abeilles peuvent résoudre des problèmes de mathématiques… Les recherches en cognition animale s’accumulent, avec des résultats toujours plus incroyables les uns que les autres, et pourtant. Les études sur ces différentes espèces sont très sérieuses et durent souvent des dizaines années. En effet, pour ne serait-ce que faire passer une IRM à un chien, il faut un travail de longue haleine pour lui apprendre à rester immobile. De même, les travaux sur les corbeaux se font en captivité mais aussi dans la nature pour amener à de véritables conclusions sur des animaux, aux premiers abords moins intelligents que nous, de part leur plus petit cerveau. Mais y a-t-il un véritable intérêt à ces recherches ? Il y en a en réalité plusieurs. La première semble plutôt logique : en comprenant le fonctionnement du cerveau d’autres espèces, on en apprend plus nous mêmes. Le cochon, dont le système digestif est proche du notre, est étudié pour mieux comprendre la relation entre cerveau et digestion. Le deuxième peut être moins évident à trouver : ces espèces se sont développées pour survivre dans leur environnement. Dans le contexte actuel de réchauffement climatique, étudier leur intelligence revient à étudier leur capacité d’adaptation présente et future. Bien sûr, cette intelligence des animaux reste à relativiser. Un chat n’est pas capable de faire de la physique quantique et, mise à part dans les dessins animés, les tortues n’ont aucun goût pour la philosophie. En termes d’ingéniosité et de complexité, nous restons plus évolués que les autres espèces, ce qui a pu amener à de nombreuses dérives de notre part.

Une histoire législative complexe

Les premiers ouvrages contre la maltraitance animale ne datent malheureusement que des deux derniers siècles mais ils ne parlent que d’ animaux domestiques. Torturer une méduse sur la plage ? Ce n’est pas un crime. Il a fallu une loi de 2015 pour que les animaux soient enfin considérés dans le Code Civil comme des êtres vivants doués de sensibilité et non comme des meubles. En recherche, l’éthique sur le traitement des animaux régit les laboratoires avec fermeté. Pourtant, de nouvelles découvertes pourraient la remettre en cause. En effet, dans un contexte où des organes humains pourraient être développés demain chez des animaux, cette éthique arriverait sans doute à ses limites. Qui serait alors le plus important, l’animal génétiquement modifié ou l’humain nécessitant une greffe ? Il ne faut cependant pas désespérer de la condition animale. La sensibilité du grand public pour les animaux s’accroit tous les jours. Elle a fait naitre les mouvances vegan et végétarienne, et même plus récemment l’antispécisme. Les vidéos de chats sur internet font le buzz, de même que les crocodiles sur les greens ou encore les animaux du zoo. Les chercheurs sont de plus en plus nombreux à étudier ces espèces, fascinés par la diversité de fonctionnement qu’elles offrent ; on parle de bio-mimétisme dans de nombreux domaines comme la sidérurgie, la construction navale et pleins d’autres.

 

Sarah Lowe