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Le réchauffement touristique en Islande.

Y a t il une volonté d’imiter le personnage principal du film Into The Wild dans le comportement de tous ces jeunes qui partent, les rêves pleins la tête et le sac à dos rempli d’espoir vers l’Islande ? L’Islande, la terre de feu et de glace, grande île perdue au milieu de l’océan Atlantique, dont la densité de population ne dépasse pas les 3,2 habitants par km2, semble pourtant attirer toujours plus de curieux. Entre champs de lave, glaciers, sources chaudes et vieux volcans, cette île offre de multiples facettes, toutes aussi dépaysantes les unes que les autres pour un touriste français. Ce dernier ne rencontrera jamais de centres commerciaux, sauf s’il passe par la capitale, Reykjavik. Il devra bien évidemment se déplacer en bus ou en voiture, puisqu’il n’existe pas de voie ferrée là-bas. Comment expliquer cette volonté de découvrir quelque chose de radicalement opposé ? Pourquoi y a t il toujours plus de touristes en Islande ?

En Islande, trois secteurs rivalisent ; le tourisme, la pêche, et les industries à forte intensité énergétique. Les deux derniers secteurs ne connaissent cependant pas l’évolution constante et considérable du secteur touristique. On aurait pu expliquer l’attrait de l’Islande si l’île était largement desservie, et qu’il était donc facile de s’y rendre, pourtant ce n’est pas le cas ;  seules quelques capitales européennes desservent directement l’Islande. D’ailleurs, les principaux touristes de l’île ne viennent pas d’Europe, mais des Etats-Unis, même si le nombre d’Anglais, de Français et de Norvégiens en Islande reste conséquent. Focalisons nous davantage sur la France ; les Français, en cette fin d’année 2015, ont été 38,9% de plus à venir en Islande par rapport à 2011. Ainsi, avec une population de 320 000 personnes, le nombre de touristes étrangers dépasse largement le nombre d’habitants ; en 2014, l’Islande a accueilli près d’un million de visiteurs étrangers, ce qui représente environ trois fois la population du pays.

Au vu des chiffres, il paraît évident que le tourisme est en train de devenir la première industrie de l’Islande en 2015, devant la pêche. Puisqu’il s’agit d’un pôle important, l’Islande met en place de nombreuses stratégies pour attirer toujours plus de touristes, comme en confère les nombreux sites d’associations culturelles et touristiques. Ces associations mettent en place des circuits diversifiés, pour tenter de convaincre le plus grand nombre d’amateurs de l’Islande. Ces sites proposent, tour à tour, des visites guidées intégrales de l’Islande, ou bien une randonnée dans le sud de l’île à cheval, ou encore le tour de l’est islandais à vélo. Ainsi, l’Islande attire une population universelle ; elle intéresse aussi bien les familles nombreuses que les jeunes couples. Ben est un jeune voyageur parcourant l’île. Il explique que, dans l’optique où l’on déciderait d’en faire le tour à pieds, tous les 15km il y a la possibilité de se ravitailler en eau et de se reposer, ou encore de se laver (bien que les douches soient payantes). Son témoignage confirme le fait que l’Islande met de plus en plus de choses en place pour permettre un certain dynamisme touristique, mais surtout qu’elle promeut la découverte de l’Islande par la randonnée.

La diversité des escapades, et les moyens mis en œuvres pour qu’elles se passent pour le mieux, peut donc être l’une des raisons de l’afflux touristique, bien que Reykjavik fasse partie des villes les plus chères du monde. Mais le coût de la vie élevée en Islande n’a pas eu raison de la détermination de Sybille, jeune étudiante parisienne. « C’est lors d’une escale prolongée sur l’île que j’ai eu le bonheur de découvrir l’Islande. J’y suis restée quelques jours, et je dois avouer que j’étais presque déçue de repartir dans la folie new yorkaise après ce séjour, tant il était reposant. C’est un peu déprimant de retourner dans un pays ultra urbanisé et dynamique. Un tel monde offre une possibilité d’avenir pour chacun, mais parfois il faut savoir revenir à ce qu’on est réellement. » Sybille dégage l’idée fondamentale de se retrouver en tant qu’Homme. Pour cette raison, elle serait prête à repartir en Islande. Elle souligne cependant la difficulté de faire le tour de l’île toute seule, le nord ouest n’étant accessible qu’avec un véritable équipement, voire un guide. C’est pour cette raison que Madison et Ben, fraîchement fiancés sur les terres islandaises, ont visité principalement le sud.

A la différence des conceptions philosophiques de Sybille, pour Madison il s’agissait avant tout d’un défi. Celui de se confronter au froid et de partir en itinérant pour la première fois, dans un endroit où chaque nouveau pas éveille l’envie de sortir son appareil photo pour immortaliser l’instant. Elle confesse cependant ne pas pouvoir s’imaginer vivre en Islande, bien que les habitants y soient particulièrement chaleureux et solidaires. Pour Ben, il n’est pas inenvisageable de vouloir vivre en Islande, mais, selon lui, tout dépend de ce que l’on est, et de ce que l’on cherche, car il y a tout de même plus de vie dans la capitale française. Et justement, si certains français se sont résignés à retourner vivre dans la capitale française, ils ne coupent pas pour autant les ponts avec l’île, grâce à la création de nombreux forums (comme « l’Association France-Islande »), qui permettent aux amoureux de l’Islande de se retrouver en France pour échanger leurs souvenirs, mais aussi d’aider les futurs touristes à préparer leur voyage. « Il s'agit d'un pari réussi qui fait de ce forum une mine d'information incontournable pour tous ceux qui souhaitent découvrir l'Islande et préparent un voyage, pour tous ceux qui connaissent déjà l'Islande et veulent prolonger le rêve. » Association France-Islande.

 

Astrid Gautret