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Focus - Un premier « vaccin » contre le SIDA ?

Un premier « vaccin » contre le SIDA ? Sortez vaccinés

 
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« Un vaccin contre le VIH ? C'est n'importe quoi ton truc ! » m'aura soufflé une amie alors que je commençais la rédaction de cet édito...

Une équipe de l'Institut Cochin, centre de recherche de l'Inserm, du CNRS, et de notre chère Université Paris Descartes, vient pourtant de mettre en place un vaccin contre la transmission sexuelle du virus du SIDA, un nouvel espoir dans l'éternel lutte contre le VIH, casse-tête scientifique depuis près de 25 ans, comptant à son actif plus de 25 millions de morts depuis 1981.

Voici en quelques lignes les points clefs pour comprendre cette récente révolution.

Si les nombreuses études menées depuis 1987 ne visaient qu'à induire une immunité au niveau sanguin, le vaccin mis en place par l'équipe de Mme Morgane Bomsel, directrice de recherche à l'Institut Cochin, concerne au contraire les défenses des muqueuses (vaginale, anale...) de l'organisme, première porte d'entrée du virus. L'infection muqueuse est alors bloquée, empêchant la multiplication du virus et sa dissémination dans le sang.

Des études menées sur cinq macaques femelles, vaccinées par voies intramusculaire et nasale, et exposées par voie vaginale 13 fois de suite au VIH, pendant 6 mois, avec des doses virales plus de 10 fois supérieures à ce que peut contenir un éjaculat, ont montré une protection des animaux au développement de l’infection. Les cinq macaques femelles restaient séronégatives, six mois après la dernière infection par le VIH.

« Le vaccin fonctionne relativement bien in vitro contre les sous-types B et C du VIH, responsables de 95% des cas aux Etats-Unis, en Europe et en Inde. Ce succès est prometteur", indique Morgane Bomsel, qui dirige les recherches.

"Cependant, il reste beaucoup de travail à réaliser. Il existe plusieurs limites à ces résultats: le vaccin n’a été testé que sur des singes femelles. Il protège d’une infection vaginale non traumatique, ne reflétant pas nécessairement la réalité. Reste donc à étudier le vaccin chez des mâles et à voir son efficacité contre d’autres voies d’infection sexuelles (rectum, tractus oro-uro-génital). Enfin, il faut poursuivre cette étude, notamment quant à la durée de la réponse immunitaire protectrice", conclut Morgane Bomsel.

Des résultats prometteurs couronnent plus de 15 ans de recherches.

Pour le moment, ils ne sauraient nous faire oublier cependant l'efficacité des préservatifs dans la lutte contre la transmission sexuelle du VIH. Sortez donc vaccinés, mais restez couverts !

Clément Vernier