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Histoire du musée

Vitrine

Le Musée d'Histoire de la médecine

 

Coffret du chirurgien Dubie Coffret du chirurgien Dubie.
Ce coffret du XVIIe siècle est décoré aux armes des chirurgiens "les trois boîtes à onguents" et de celle de la confrérie de l'ordre de Saint-Côme, saint patron des chirurgiens, ainsi que de celles de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem avait été fondé avant même la première croisade, à la fin du XIe siècle, et connaîtra une immense extension.

"Le Cabinet d'Anatomie renferme toutes les pièces extraordinaires et singulières. On y conserve les instruments de chirurgie, tant anciens que modernes ; ce cabinet décoré du portrait de Louis XV, donné par ce prince, a 35 pieds de long sur 18 pieds de large". Voici la description de la première salle "du Musée" située au premier étage près de la bibliothèque telle que Gondoin l'avait réalisée.
Ainsi sous le règne de Louis XV, on se souciait de conserver les instruments de chirurgie des siècles précédents ; ils forment les premiers éléments de l'actuelle collection du Musée.
De plus il est frappant de constater un autre souci de l'époque : avoir avant la lettre un musée pédagogique. En effet, l'ouvrage des "Citoyens Petit-Radel et Allan", "Recueil des planches du dictionnaire de chirurgie", publié à Paris An VII de la République, nous apprend que le Professeur Lafaye avait : "Un arsenal de chirurgie ; il avait une très belle collection d'instruments dont il fit présent à l'Académie à l'époque où il en était directeur !" C'est-à-dire les instruments présentés dans le Cabinet d'Anatomie du Collège construit par Gondoin. De plus cet ouvrage très précieux, puisqu'il explique le maniement des outils, doit être considéré comme le premier inventaire des collections du Musée.
A l'ouverture des Ecoles de Santé, les textes précisent que : "chacune des écoles aura une bibliothèque, un Cabinet d'Anatomie, une suite d'instruments et d'appareils de chirurgie".
Pour l'École de Paris, le rapport souligne avec beaucoup de parti pris : "Nulle part en France on n'avait encore réuni tous les matériaux à une instruction complète de l'art de guérir. Il faut, pour l'étude de cet art, considérer dans on ensemble, une bibliothèque, une suite d'instruments et d'appareils de chirurgie, une réunion de machines de physique destinées à démontrer les principales propriétés du corps, l'ensemble des productions de la nature employées comme médicaments. La plupart de ces objets manque à la ci-devant Académie de Chirurgie ; le despotisme et la vanité qui avaient fait élever le monument ne s'étaient point préoccupés de le meubler". Le rapporteur partial ne peut s'empêcher ici d'attaquer l'Ancien régime. Il poursuit, sans crainte de se contredire : "Mais la République trouvera dans ses richesses presque toutes les ressources nécessaire pour fournir aux bases de l'instruction, en réunissant aux livres, aux pièces anatomiques, aux instruments et aux machines qui existent déjà dans les salles de l'Académie de Chirurgie, les livres qui étaient placés dans le local de la Faculté de médecine, les pièces d'anatomie humaine contenues dans la belle collection de l'École Vétérinaire d'Alfort et dans l'Académie des Sciences, les livres et les manuscrits qui appartenaient à la Société de médecine".
Les collections sont installées dans trois pièces au premier étage, après quelques travaux et l'achat de mobilier, les Cabinets de collections, appelés aussi Muséum, sont inaugurés le 24 vendémiaire An IV (16 octobre 1795) l'anatomie y est présentée sous différentes formes : en cire, en bois et peinte sur tissu.
Un conservateur est nommé, il s'agit de Jean-Batiste Thillaye, dit Thillaye aîné, son fils, Augustin, lui succédera dans cette tâche.
Une délibération est prise, le 27 ventôse An III, soit le 17 mars 1795, relative à la collection d'instruments. En effet le conservateur a constaté qu'il existe seulement le quart des instruments qui devraient constituer l'arsenal de médecine opératoire, aussi "le conservateur sera autorisé à faire l'emplette dans les ventes des instruments qui pourraient manquer dans l'arsenal", car il n'était pas pensables de demander un surcroît de travail aux couteliers qui devaient en premier lieu fournir l'armée…"
Les cabinets de Collections étaient ouverts, comme la bibliothèque, tous les jours impairs. Pour compléter les fonds du Muséum, Thillaye aidé de Fragonard font appel au rouennais Lemonnier. Ce dernier, peintre-dessinateur, est chargé de reproduire des pièces d'anatomie "les conformations extraordinaires ou vicieuses, dont la représentation était jugée nécessaire pour l'École". Cet emploi sera supprimé en 1822 ainsi que celui de modeleur de cire, que Pinson occupait en représentant les organes malades.
A ces collections s'ajoutent aussi des pièces provenant de l'Académie des Sciences, de l'École Vétérinaire d'Alfort et de l'Hôtel-Dieu.

Le Musée Dupuytren

   

Mannequin japonais Mannequin japonais rapporté par Isaac Titsingh (1745-1812), premier japonologue hollandais. A sa mort, à Paris, sa collection a été dispersée dans le monde entier.

Le célèbre chirurgien de l'Hôtel-Dieu, Dupuytren, avait alloué une somme de 70 000 francs à la Faculté pour créer un musée d'anatomie pathologique. Il est décidé en 1838 que les pièces de ce musée seraient conservées dans le réfectoire du couvent des Cordeliers. Les collections sont toujours visibles dans les locaux de l'université Pierre et Marie Curie, au 15 rue de l'Ecole de Médecine, conservées avec beaucoup de soin par le Professeur Abelanet.

Le Musée Orfila

Trépan de Bichat Trépan de Bichat (1772-1802)
Fondateur de la pathologie tissulaire, Xavier Bichat, élève de Desault à la Charité a ouvert l'ère de la médecine moderne. Son oeuvre, publiée après sa mort par ses élèves, ouvre le champ à l'histologie et à l'anatomie dont les prolongements donneront naissance à la théorie cellulaire et à l'anatomie du système nerveux central.

Le doyen Mathéo José Buenaventura Orfila (1787-1853), alors qu'il se trouvait à Londres, 1844, visita le Musée Hunter. Il put constater que le Musée Dupuytren n'avait rien à lui envier pour les pièces concernant l'anatomie pathologique mais qu'en ce qui concernait l'anatomie comparée le musée parisien n'était pas à la hauteur de l'anglais. Aussitôt rentré en France, Orfila demande une subvention au Ministre de l'instruction publique pour agrandir le musée. Il sera inauguré le 18 novembre 1847. Le 2 décembre par décision ministérielle il prend le nom de Musée Orfila.
Aujourd'hui il reste les belles grilles ornées des lettres entrelacées F et M, et de l'emblème de la Faculté "aux trois cigognes", installées en 1904 lors du réaménagement de la collection. Ce Musée présente des pièces anatomiques rares à présent conservées à l'U.F.R. Bio-médicale des Saints-Pères où le Professeur André Delmas aidé de sa femme et de ses enfants, a constitué un remarquable ensemble de coupes, de préparations qui fait toujours l'admiration des anatomistes du monde entier.
La direction du Musée Orfila est confiée par arrêté en date du 31 août 1859 à M. Sappey, chef des travaux anatomiques ; son successeur M. Sée aura ses mêmes attributions jusqu'en 1878.
Le XIXème siècle est le siècle de l'anatomie, mais il n'est pas à l'ordre du jour de créer un Musée d'histoire de la Médecine, 1890, on parle d'en ouvrit un ; le doyen de la Faculté de Médecine de Paris, Debove, s'y oppose.
La ville de Paris, sur la demande du docteur Le Baron, reprend la vieille Faculté de la rue de la Bûcherie, en 1896, avec l'intention d'y installer un musée mais le projet est rapidement abandonné.
En date du 29 janvier 1902 se tint l'Assemblée constitutive de la Société Française d'Histoire de la Médecine dans le petit amphithéâtre de la Faculté, son président est le Professeur Raphaël Blanchard. Cet homme érudit amateur de belles lettres, de peintures et de sculptures a su insuffler à cette jeune société un grand dynamisme. Les publications en font foi. Une belle bibliothèque est rapidement constituée et installée dans la salle Debove.
Entre 1905 et 1907, d'importants travaux d'embellissement ont lieu, les galeries en fer forgé au chiffre de la Faculté sont installées, des portraits des médecins et chirurgiens sont encastrés dans le faux plafond, une frise au pochoir court sur les murs, et de belles vitrines sont conçues pour accueillir les livres.
Les instruments et les objets sont bien sûr toujours conservés et le président Blanchard émet le vœu de voir la création d'un musée…
La décision en est d'ailleurs prise au Conseil de la Faculté sous la présidence du doyen Roger, mais le professeur Blanchard ne verra sa réalisation. En effet, il meurt en 1919. Or l'année suivante, la Chaire d'histoire de la Médecine s'installe salle Debove et profite du II Congrès international d'Histoire de la Médecine qui se tient à Paris du 1er au 6 juillet 1921, pour inaugurer un véritable musée. La cérémonie a lieu le vendredi 1er juillet sous la double présidence du Président de la Société Française, Jeanselme et du titulaire de la Chaire d'Histoire de la Médecine. De nombreux dons affluent pour compléter les collections : "Outre les dons et legs faits directement en faveur de ce musée par des doyens, des professeurs, des médecins, des chirurgiens et même des particuliers, les membres de la Société d'Histoire de la Médecine se sont toujours fait un devoir de l'enrichir de leur mieux en apportant des livres, des revues françaises ou étrangères, des gravures, des autographes, des instruments de médecine et de chirurgie… " rappellera Pierre Valéry Radot.
Conservateur bénévole, le docteur Neveu, archiviste-bibliothécaire, reçoit et classe les collections mais le "Musée" connaît bien des vicissitudes ; d'une part, par parce que les titulaires de la Chaire d'Histoire de la Médecine ne font qu'y passer !
Il y eut malgré tout, des moments plus faciles, ainsi grâce au remarquable don du Professeur Gilbert, en 1927, qui laissait aussi à la Faculté une rente annuelle pour l'entretien du Musée. Aussi en reconnaissance pendant quelques temps le Musée porta son nom… Mais avec les différentes dévaluations le legs devient insuffisant et la tâche est difficile pour le docteur Finot, conservateur bénévole en 1945. Heureusement la nomination du Professeur Mouquin à la Chaire fait naître l'espoir d'une réorganisation possible et de ce fait le 17 mars 1955, le Musée d'Histoire de la Médecine est inauguré par le professeur Léon Binet, doyen de la Faculté en présence du Professeur Mouquin et du docteur Bénard, Président de la Société Française d'Histoire de la Médecine.
Le doyen Binet va demander à la dynamique Mademoiselle Jacqueline Sonolet, de présider aux destinés du Musée. Ce qu'elle fait jusqu'en 1985. Avec de faibles moyens, elle parvient, aidée par des bénévoles, comme la sœur du futur Président Auquier, à mettre en valeur les collections et surtout à organiser les expositions lors des entretiens de Bichat qui en assurent la renommée.
Puis pendant quatre années, le docteur Pons lui succède et commence une vaste campagne de restauration des peintures en fait de nouvelles acquisitions. "Fin 1989, j'ai été nommé conservateur de ce beau Musée et j'ai décidé de revoir son concept muséologique. En effet, l'aménagement initial du Musée présentait d'une part les hommes qui ont fait l'histoire de la médecine et d'autre part les instruments qui ont permis les grandes réalisations et découvertes. Au fil des années les collections augmentant, la présentation ne correspondait plus au souhait des fondateurs. Aussi j'ai adopté un autre parti pris. Je raconte aux visiteurs l'Histoire de la Médecine et de la Chirurgie à travers les objets présentés. En suivant une trame chronologique, je veux montrer les différents aspects qui sont propres à l'histoire de la médecine en France, comme les luttes entre médecins et chirurgiens, les avancées mais aussi les stagnations dans les découvertes médicales, je veux aussi faire découvrir au public certaines grandes figures de l'histoire, leur lutte pour combattre la maladie et avant tout mettre en valeur les instruments véritables chefs-d'œuvre de couteliers mis à la disposition des chirurgiens".
 

Exfoliatif

 

 

Exfoliatif dit "d'Ambroise Paré" (daté de 1748), ou élévatoire tripode. Fabriqué par le coutelier Vigneron à Paris, suivant un modèle d'Ambroise Paré, il permet de relever un enfoncement crânien.

Aujourd'hui le Musée est celui de l'Université René Descartes, il est reconnu comme "Musée de l'enseignement Supérieur et de la Recherche".