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Agrandissements de Ginain

Hall

Bientôt, il faut prévoir un plan d'agrandissement, les élèves sont de plus en plus nombreux. Au mois de février 1859, la Faculté avait été consultée pour savoir s'il fallait rester dans le quartier ou bien s'il était plus avantageux que ses différents services soient transférés dans un autre quartier de Paris. La Faculté répond à la ville qu'elle a besoin de s'étendre tout en restant au même endroit.
Aussi, entre 1860 et 1870, l'architecte Ginain prépare de nombreux avant-projets, tous abaissés à l'économie : on envisagea, en expropriant plusieurs maisons, d'établir à côté de la Faculté, l'Académie de médecine et l'Ecole de pharmacie. Les travaux à entreprendre à l'Ecole pratique ont paru plus urgents au moment où les plans de ces derniers étaient soumis au Conseil des ministres, la guerre de 1870 éclata. Les plans sont à nouveau rangés dans les cartons.

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Paris : la nouvelle façade de l'Ecole de Médecine
Dessin de M. A. NORMAND

  
Après la guerre, le projet est repris et, grâce à la ténacité du professeur Farabeuf et à l'exposé de l'architecte, le conseil municipal de Paris est convaincu de la nécessité de l'entreprise. Au terme de la moi du 12 janvier 1876, il fut procédé à la reconstruction de l'Ecole pratique et de la clinique Tarnier, à l'agrandissement de la Faculté de Médecine à frais communs par l'Etat et la ville de Paris.
Dix ans plus tard, l'École pratique était installée dans ses nouveaux locaux. En 1900, le président de la République Émile Loubet inaugure les nouveaux bâtiments. L'architecte Ginain a su intégrer les bâtiments du XVIIIème siècle dans leur extension sans les mutiler. La façade qu'il a construite sur le boulevard Saint-Germain correspond au goût de l'époque pour sa référence à l'Antiquité gréco-romaine, ce n'est plus la légèreté du XVIIIème, ici on insiste sur la symbolique, tout est dit, non plus suggéré. Ainsi la décoration est significative, sur les murs le motif "à la Grecque" est inlassablement répété ainsi que le disque solaire ou le miroir. Les deux cariatides, sculptées par Gustave Grauk, qui entourent la porte d'entrée représentent la Médecine et la Chirurgie. Toutes deux, vêtues d'un péplos antique, portent leurs attributs : pour la première un miroir entortillé du serpent d'Esculape, la seconde le couteau et la scie.
Sur la frise supérieure, la décoration est une succession des symboles de différentes civilisations antiques, le serpent grec repris par les Romains, le miroir agent de la magie et de la divination employé par les prêtres égyptiens qui deviendra en Occident un attribut de la Prudence. La feuille d'acanthe est aussi largement utilisée. A ces sculptures viennent s'ajouter les feuilles de palmes que l'on trouve sur les décorations de l'université française : "les palmes académiques".
Le bâtiment de Gondoin était édifié à la gloire du roi et de ses chirurgiens, celui de Ginain est à la gloire de la République et des professeurs de l'Education nationale.