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Crime et utopie

 

Crime et utopie de Frédéric Rouvillois

Résumé

La thèse est audacieuse : le nazisme était un projet utopique au sens fort du terme. Elle est audacieuse parce nous avons tendance à exonérer l'utopie pour n'en conserver que la dimension émancipatrice, en minorant les dérives, les erreurs, les meurtres qu'elle a aussi produits. A présent, mettons face à face la rhétorique nazie et les caractéristiques fondamentales de l'utopie : refaire l'homme par l'éducation, le travail et le sport ; bâtir une cité réconciliée, unie et heureuse, tenter de la rendre éternelle... Point par point, Frédéric Rouvillois démontre un emboîtement presque parfait - et mortifère. La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, c'est vrai, mais elle aussi promettait l'épanouissement d'un peuple élu. Sinon, comment expliquer l'engouement des Allemands pour un projet aussi monstrueux ? Envisager le nazisme sous l'angle de l'utopie permet deux choses. De souligner le parallèle avec l'autre totalitarisme du XXe siècle, le communisme : il n'y a pas d'utopie innocente. De comprendre le "judéocide", massacre conçu et organisé comme la condition et l'une des finalités de cette utopie criminelle. Le premier rapprochement est admis par beaucoup. Le second est plus inédit, mais l'idée de l'utopie comme intrinsèquement porteuse de génocide s'impose à nous à la lecture de cet essai.

Sur l'auteur

Maître de conférences à Rouen (1994-1998), professeur agrégé de droit public à Caen (1998-2002) et enfin, à l'université Paris Descartes depuis 2002, où il enseigne le droit constitutionnel et le contentieux constitutionnel, il centre ses travaux sur le droit de l’État et sur l’histoire des idées et des représentations (ouvrages et articles sur l'utopie et ses rapports avec le phénomène totalitaire, sur la politesse, le snobisme, l'imposture).

Depuis 2009, il a développé des recherches du côté du droit comparé, s'intéressant notamment au cas du Royaume du Maroc. Les thèmes qui l’ont plus particulièrement retenu portent sur l’affirmation des droits de l’homme depuis l’intronisation du roi Mohamed VI, sur la combinaison originale de démocratie et de monarchie qui s’est affirmée dans ce pays depuis l'Indépendance, et enfin sur la nouvelle constitution de 2011.La plupart de ces travaux ont été repris, publiés au Maroc et éventuellement traduits en arabe. C'est en tant que comparatiste qu'en avril 2010, à l’invitation de la Fondation Farefuturo, il a été amené à exposer à Rome, devant le Président de la Chambre des députés et des représentants de la coalition gouvernementale, la pertinence, pour l’Italie, qu'il y aurait à adopter le modèle constitutionnel français.

En outre, il est depuis 2004 conseiller de la Fondation pour l’innovation politique, un think tank créé par Jérôme Monod dans le cadre duquel il a publié une vingtaine de brochures, ouvrages et articles. Il est membre (suppléant) du Tribunal suprême de Monaco depuis septembre 2007.

 

Crime et utopie
Editions Flammarion
Février 2014
351 pages
23 euros