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Homme – Animal, même combat : la volonté humaine pour courir toujours plus vite ne suffit plus

24/09/2012

Dans le dernier numéro du Journal of Evolutionary Biology, François Desgorces et son équipe de l’IRMES en collaboration avec le CEFE, Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, de Montpellier rapportent que les vitesses de course des lévriers, des chevaux et des hommes ont progressé rapidement au cours du dernier siècle mais qu’elles arrivent maintenant à un plateau.

De manière surprenante, et malgré les distinctions biologiques (outre les évidentes variations génétiques ou morphologiques, le nombre de générations concernées et le mode de sélection ont été très différents), les progressions de vitesse, au cours du dernier siècle, apparaissent similaires pour les trois espèces : 11.9% d’augmentation chez le lévrier, 12% chez le cheval et 14% chez l’homme (pour des efforts de durée comparable).

L’article décrit une forte héritabilité de la vitesse de course chez le cheval et le chien après des siècles d’élevage sélectif, alors que la mondialisation de la compétition sportive chez l’homme a mis en place des systèmes de détection des individus possédant les meilleures capacités d’entrainement et les plus hautes prédispositions pour courir vite.

De plus, l’augmentation de la vitesse de course apparaît en premier lieu avec les sociétés prospères et leurs milieux favorables. Ces derniers incluent des conditions d’entraînement et de compétition optimales pour les meilleurs coureurs.

Bien que les vitesses de course n’aient pas été influencées par le même équilibre génome-environnement, le ralentissement commun des vitesses de ces trois espèces suggère que leurs progrès futurs seront de plus en plus rares en raison de limites fonctionnelles identiquement régulées.

 

Référence :
“Similar slow down in running speed progression in species under human pressure”.
FD Desgorces, Berthelot G, Charmantier A, Tafflet M, Schaal K, Jarne P, Toussaint JF.
Journal of Evolutionary Biology, Septembre 2012.