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L’Indice de Masse Corporelle : marqueur de la performance

04/03/2014

L’IMC (Indice de Masse Corporelle) est un marqueur habituellement utilisé dans la surveillance de l’obésité en raison de sa relation avérée sur la mortalité.  Selon la dernière étude publiée dans PLoS ONE par Adrien Sedeaud et son équipe, au sein de l’IRMES (INSEP, Université Paris Descartes, AP-HP, Inserm, Ministères de la Santé et des Sports), l’IMC s’avère aussi un excellent indicateur de la performance sportive.

Dans sa recherche des mécanismes associés à la performance et à la longévité, l’IRMES a testé les rapports entre capacités physiques et masse corporelle. Le poids et la taille des athlètes jouent en effet un rôle important dans les processus de sélection du sport mondial. Mais l’IMC (Indice de Masse Corporelle), indicateur combiné, calculé comme le rapport Poids / Taille2, apporte un regard nouveau sur ces mécanismes à l’échelle individuelle.

L’étude publiée a ainsi caractérisé la relation entre l’anthropométrie et la performance sur l’ensemble des distances en athlétisme. Le poids, la taille, l’IMC et les vitesses individuelles maximales ont été analysés  et comparés chez tous les athlètes du Top 100 mondial, du 100m au marathon, pour les saisons 1996 à 2011.

La vitesse maximale est corrélée au poids (r=0,71) et à l’IMC (r=0,71) chez ces coureurs, et plus modérément à la taille (r=0,39) : les athlètes sont de plus en plus légers et de plus en plus petits à mesure que la distance augmente. Les marathoniens ne cessent de renforcer cette tendance majeure depuis 15 ans.

Pour chaque distance, la performance est organisée autour de gradients morphologiques : « aussi petit et léger que possible » en endurance et « aussi grand et lourd que possible » en sprint. La vitesse maximale augmente donc avec l’IMC et le niveau, tout en restant centrée autour d’un optimum, spécifique de la distance.

« La vitesse maximale de la bipédie humaine s’organise autour de gradients biométriques, qui en optimisent l’efficacité » commente Adrien Sedeaud. « Tandis que la performance de haut niveau s’associe à d’étroits intervalles de performance ».

Ainsi l’IMC se révèle un indicateur extrêmement pertinent pour distinguer les performances des athlètes, selon leur discipline et leur rang. Bien qu’initialement utilisé comme outil d’étude de la corpulence, l’IMC se révèle désormais comme un marqueur des capacités et des réserves énergétiques. La masse musculaire utile est tout aussi importante et révélatrice des capacités de performance que de survie.