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L'implication des microARN dans le processus de développement

26/09/2011

Les chercheurs de l’unité mixte de recherche 781 (Université Paris Descartes, Inserm) et de l’hôpital Necker-Enfants Malades (AP-HP), ont mis en évidence l’importance des microARN au cours du développement grâce à l’étude génétique des malformations congénitales dans un modèle de souris mimant le syndrome de Feingold. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Genetics.

 Les microARN sont des petits ARNs  non traduits en protéine. Ils règlent l'expression des gènes en interagissant avec des centaines d’ARNs codants des protéines pour moduler leur expression (ie leur traduction en protéine). Ce système de régulation a soulevé un intérêt majeur depuis 10 ans. Son rôle en cancérogénèse, par modification de la prolifération et de la différenciation cellulaire, est clairement démontré. A ce jour, aucune publication n’avait établi le rôle des microARNs dans une maladie du développement aussi complexe que le syndrome de Feingold.

 Il s’agit d’une maladie génétique caractérisée par une microcéphalie, une relative petite taille et des anomalies des doigts et des orteils. La majorité des patients ont une mutation hétérozygote du gène MYCN entrainant une perte de fonction de la protéine du même nom.

Jeanne Amiel, professeur des universités - praticien hospitalier à l’Université Paris Descartes - hôpital Necker-Enfants Malades (AP-HP), et l’équipe de l’unité mixte de recherche 781 (Université Paris Descartes, Inserm) ont montré qu’un second gène devait être impliqué dans cette pathologie. En comparant le génome d'individus atteints mais sans mutation de MYCN à ceux de sujets contrôles, ils ont identifié une délétion d’une portion d’ADN sur le chromosome 13 chez plusieurs sujets atteints, comprenant une partie du gène GPC5 et plusieurs gènes de microARNs formant la batterie miR-17~92.

En collaboration avec une équipe de recherche du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York les chercheurs ont montrés que les souris, dont le génome a été modifié pour ne porter qu'une copie de miR17-92, présentent les mêmes anomalies de croissance et du squelette que les patients atteints du syndrome de Feingold. "Nous avons confirmé l'hypothèse émise depuis presque 10 ans, les microARNs jouent, outre leur rôle démontré en cancérogénèse, un rôle clef au cours du développement et cette fonction est conservée chez les vertébrés" conclut Jeanne Amiel. 

 

Publication
Germline deletion of the miR-17~92 cluster causes skeletal and growth defects in humans
Loïc de Pontual1,2,10, Evelyn Yao3,10, Patrick Callier4, Laurence Faivre4, ValÈrie Drouin5, Sandra Cariou1, Arie Van Haeringen6, David GeneviËve7, Alice Goldenberg5, Myriam Oufadem1, Sylvie Manouvrier8, Arnold Munnich1,9, Joana Alves Vidigal3, Michel Vekemans1, Stanislas Lyonnet1,9, Alexandra Henrion-Caude1, Andrea Ventura3,10 & Jeanne Amiel1,9,10
1Unité Mixte de recherche 781, Université Paris Descartes, Inserm, Paris, France.
2Services de Pédiatrie, Hôpital Jean Verdier, Université Paris XIII, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Bondy, France.
3Cancer Biology and Genetics Program, Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, New York, New York, USA.
4Service de Génétique, Hôpital d’enfants, Dijon, France.
5Service de Génétique, Hôpital Charles Nicolle, Rouen, France.
6Department of Human and Clinical Genetics, Leiden University Medical Center, Leiden, The Netherlands.
7Service de Génétique, Hôpital Arnaud de Villeneuve, Montpellier, France.
8Service de Génétique, Clinique, Hôpital J. de Flandre, Lille, France.
9Services de Génétique, et Cytogénétique, Hôpital Necker-Enfant Malades, AP-HP, Paris, France.
10These authors contributed equally to this work.
Nature Genetics, 4 septembre 2011
http://dx.doi.org/10.1038/ng.915