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La répétition de régimes amaigrissants n’entraine pas de surcompensation ni d’obésité à très long terme chez les sportives et sportifs de haut niveau.

16/09/2013

Dans l’obésité, les régimes répétés font craindre des reprises de poids plus importantes que le poids perdu. Des chercheurs de l’Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (INSEP, Université Paris Descartes) et du Centre d'investigations en médécine du sport (Hôtel-Dieu, AP-HP) rapportent l’absence d’effet des régimes à répétition chez les sportives et sportifs de haut niveau. Ces résultats sont publiés par le journal BMC Public Health.

Dans le monde du sport, les athlètes des sports à catégorie de poids sont soumis à des pesées avant chaque compétition et ce, tout au long de leur carrière, ce qui induit des variations cycliques de poids. Laurie-Anne Marquet et ses collègues  ont réalisé un suivi à long terme (32 ans) sur 136 athlètes de haut niveau de sports à catégories de poids (aviron, lutte, boxe et judo) ayant intégré l’équipe de France pour un championnat du Monde, d’Europe ou des JO entre les années 1978 et 2003.  

Leur étude montre que ces régimes à répétition n’ont aucun effet sur leur poids après la fin de leurcarrière . Leur IMC reste en-dessous de la valeur moyenne de la population générale. Cette conclusion peut être expliquée par le fait que les pertes de poids à chaque régime sont limitées (5.5% de poids de corps) et que ces athlètes conservent une importante pratique sportive après l’arrêt de leur carrière (4,7 h/semaine en moyenne vs 2 à 3h d’activité physique pour la population générale) qui continue de se révéler comme l’un des moyens principaux de prévention du surpoids et de l’obésité. Dans la population générale, les régimes « yo-yo » pourraient être dues à une augmentation de la masse grasse ou à une diminution du métabolisme énergétique de base.

Entre 18 et 50 ans, ces sportif(ve)s augmentent leur indice de masse corporelle (IMC ; poids divisé par la taille au carré) de 3.2 kg/m², tandis que la population générale présente une augmentation de 4.2 kg/m². Cette augmentation régulière est indépendante du nombre de régimes réalisés pendant la carrière. La répétition de régimes durant la carrière n’induit pas non plus de troubles du comportement alimentaire. L’évolution de l’IMC est la même pour les athlètes qui ont fait des régimes (rameurs poids léger) et ceux qui n’en ont pas fait (rameurs toutes catégories).
Publication :
No effect of weight cycling on the post-career BMI of weight class elite athletes
Marquet LA, Brown M, Tafflet M, Nassif H, Mouraby R, Bourhaleb S, Toussaint JF, Desgorces FD.
BMC Public Health 2013, 13 : 510
DOI 10.1186/1471-2458-13-510  http://www.biomedcentral.com/1471-2458/13/510