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Accueil des étudiants venus d'ailleurs

Qu'est-ce qu'être un étudiant étranger actuellement en France ? Valentina, Kristyna, Franziska et Karina nous racontent leurs expériences.

Le nombre d'étudiants étrangers venant faire une partie de leurs études en France ne cesse d'augmenter. S'ils n'étaient que 271 399 en 2012*, le chiffre s'élève à près de 310 000 en 2016*. La France est donc le quatrième pays d'accueil d'étudiants étrangers au monde. Pour découvrir quelles sont leurs conditions de séjours aujourd'hui, nous avons rencontré quatre étudiantes étrangères : Valentina, 21 ans, de l'université de Parme en Italie, étudie en Erasmus pour son premier semestre à Paris 8 dans le cursus Langues étrangères appliquées. Franziska et Karina, respectivement 20 et 21 ans, viennent de l'université de Francfort en Allemagne et font leur Erasmus, durant un semestre également, à Paris Descartes en Psychologie. Enfin Kristyna, 21 ans également et originaire de Prague en République Tchèque, inscrite actuellement en L1 de Psychologie dans notre université et souhaite faire l'intégralité de sa licence dans cette faculté.

Si pour toutes ces personnes venir à Paris signifie améliorer leur français, il est évident que l'image de la culture française les attire encore beaucoup. Valentina nous raconte qu'à l'université de Parme, seules deux places à Paris étaient proposées et qu'elles étaient les plus demandées. Par contre, en Allemagne, même si la France reste attractive, l'Espagne la devance dans le cœur de ses étudiants. On remarque également que Paris est encore une ville où la mode demeure un sujet central. Avant son inscription en Psychologie, Kristyna était venue à Paris dans le cadre de son travail de mannequin. Quant à Valentina, elle aspire à un métier dans ce milieu et a choisi Paris, entre autre, pour son rapport à cet art.

Si nos quatre étudiantes sont toutes originaires d'un pays de l'Union Européenne, ce ne leur fut pourtant pas forcément facile d'organiser ce voyage. Seule Kristyna n'a pas eu de problème administratif : elle a envoyé un dossier à l'Université Paris Descartes et a été inscrite rapidement. Franziska et Karina ont été confrontées à de nombreux soucis, notamment par rapport à l'assurance maladie dont personne ne semblait connaître les modalités. Valentina de son côté n'a toujours pas l'aide financière de l’Union Européenne qu'elle devait recevoir avant son départ en septembre. On peut dire qu'elles s'accordent toutes sur l'importance de l'Union Européenne, mais aimeraient que les frontières administratives soient plus faciles à franchir pour pouvoir mieux échanger !

Aucune n'a fait face à un quelconque rejet de la part des parisiens. Karina remarque qu'il y a beaucoup de personnes solitaires dans les universités alors qu'en Allemagne, les étudiants se fondent plus rapidement dans des groupes d’amis au sein des amphithéâtres. Il lui semble qu'en France, on fait plus de rencontres dans les lieux publics lors des sorties qu'au quotidien sur son lieu de travail. Mais, par contre, les personnes répondent beaucoup plus aux questions dans la rue qu'en Allemagne ce qui est très agréable pour, par exemple, trouver son chemin. Valentina, elle, a assez peur de vexer par son manque de connaissance des coutumes : quand invite-t-on les gens à sortir ? Peut-on juste envoyer un message pour fixer un rendez-vous ? En définitive, le réel problème auquel elles sont confrontées est le niveau de langue étrangère en France. Il est très compliqué de trouver quelqu'un qui comprend et parle vraiment bien l'anglais !

Et, dans tout ça, quelle place accorde-t-on aux attaques terroristes perpétrées à Paris ? La réponse est presque unanime. Valentina a parfois peur dans le métro ou dans la rue, elle y pense assez souvent. Mais cela n'a jamais remis en cause son envie de venir en France. Pour Franziska, cela n'a pas eu non plus d'influence sur sa venue. Kristyna, elle, a conscience que cela se passe, mais n'en a pas peur pour autant. Cela pourrait être n'importe où d'autre. C'est d'ailleurs bien plus souvent les familles et les personnes âgées qui s'en inquiètent et ont très peur pour leurs expatriés.

Au final, Valentina et Karina résument leurs rapports aux événements : « Si on ne vient plus, ils auront gagné. Continuer à venir, c'est la meilleure réponse à leurs agissements. » « Il faut ne rien changer, car c'est ce que les terroristes veulent. »

*Source : Unesco

Louise Zanni