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Frénésie des achats de Noël : achats compulsifs pathologiques ou plaisir de faire plaisir ?

Addiction, fait social ? Addict du shopping ou pas, il est difficile d’échapper à l’engouement collectif des fêtes de fin d’année. Des codes sociaux bien ancrés en nous, intériorisés et souvent source de plénitude ou d’angoisse.

En cette période des premiers frimas, le froid qui s’installe est souvent annonciateur de moments chaleureux autour d’un chocolat épais et onctueux, d’un vin chaud et autres douceurs en contemplant les lumières scintillantes et féeriques de Noël. Telle une madeleine de Proust, ces saveurs réconfortantes de cannelle nous replongent certainement dans l’enfance, avec une envie régressive de plaisir et de joie partagés.

S’il y a bien un secteur qui en a conscience et qui s’organise pour en tirer profit, c’est indéniablement l’industrie du commerce. Chemin faisant, il est difficile, voire impossible d’échapper à une vitrine au décor évocateur, invitation à nous laisser porter par l’envie de faire des cadeaux : faire plaisir et se faire plaisir. Bercé par les musiques et autres comptines hivernales, il devient agréable et réconfortant de se balader dans les allées des magasins, d’associer tel objet à telle personne.

Marché de Noel - Chatelêt - Paris

Marché de Noël aux Halles

Est-ce compulsif et pathologique ?

En s’appuyant sur la description faite par Adès et Lejoyeux (1999), on peut aisément tendre vers ça en prenant en compte le fait que l’objet est déclencheur de l’achat. Un acte non raisonné mais purement guidé par l’affectif, sans considération eu égard des difficultés financières engendrées.

Un fait social ?

Incontestablement, nous pouvons parler de phénomène social. S’il est normal d’aimer Noël et ses préceptes, il est commun de trouver anormal l’inverse. Il n’est pas rare d’entendre une personne de notre entourage complaindre à propos de l’arrivée des fêtes de fin d’année et sur le fait de devoir faire des cadeaux. Pour autant, cette notion de devoir entraine beaucoup d’entre nous vers cette frénésie des achats de Noël. Une obligation, une norme intériorisée afin de se conformer à une généralité de notre société.

La trêve de la normalisation…

Avec la trêve des confiseurs, peut-être pouvons-nous essayer de sortir du conformisme et simplement se laisser porter par nos envies. Et si l’envie irrépressible d’acheter des cadeaux à nos proches est présente, alors sans nul doute, un cadeau fait avec le cœur aura pour valeur non pas son coût mais ce qu’il évoque. De même, le réveillon idéal sera certainement quantifiable plus par les personnes présentes qu’une opulence luxueuse des mets.

Rien ne sert de s’endetter et les petits bonheurs sont de grands bonheurs. Se laisser bercer par quelques flocons de neiges virevoltants, errer en se laissant guider par les lumières de Noël, accueillir un voisin seul pour le réveillon : s’offrir de sortir des apparences et obligations pourrait sans doute être le plus beau cadeau à se faire. A méditer…

Et si par aventure vous avez envie d’un bain de Noël, vous pouvez toujours aller vous balader dans un marché de Noël et vous réchauffer avec quelques marrons grillés, un chocolat ou un vin chaud.

 Olivier Bellili

 

Marché de Noël aux Halles

Du 27 novembre au 31 décembre 10h à 21h

Nocturne vendredis et samedis 11h à 23h

Fontaine des innocents

Place Joachim-Du-Bellay Paris 1er