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Etudiants du monde...

Etudiants du monde

16 morts depuis le début des manifestations, 16 camarades de classes en moins. Quand nous, étudiants en France, nous vivons dans une certaine routine quotidienne, des étudiants yéménites mettent en péril leurs vies pour défendre leurs idéaux.

Mariah étudiante au Yémen :

Mariah, 20ans, est une jeune femme qui suit l'enseignement de l’université de Sanaa (du nom de la capitale du Yemen) créée en 1970. 

Un système d'étude commun

Le système universitaire est quasiment le même qu’en France, il correspond au fameux « L, M, D » et Mariah souhaite aller jusqu’au Master. Elle obtiendra ainsi son diplôme de génie en communications (Engineering communications) au bout de 5ans d’études.

Son quotidien atypique

Après lui avoir expliqué le style vestimentaire des étudiantes de Descartes, Mariah nous parle du foulard au Yémen. Elle raconte qu’une grande partie des étudiantes le porte pour aller en cours, elle y compris. Elle nous explique porter le foulard par conviction comme beaucoup de jeunes gens. Le port du foulard au Yémen n’est pas obligatoire. A Sanaa, c’est devenu un véritable phénomène de mode influencé par l’Arabie Saoudite.  

La situation politique du pays à une grande influence sur celui de Mariah. En ce moment certains pays du Moyen Orient connaissent des révolutions menées en grande partie par les jeunes qui revendiquent « plus de démocratie ».  Le Yemen est rythmé par des manifestations auxquelles elle participe activement.

« La plupart du temps les étudiants se réunissent après les cours pour aller manifester au sein de la capitale ou organisent des marches autour de Sanaa.  Depuis quelques temps, une mobilisation plus importante est organisée, les étudiants occupent certaines rues et même si  le président essaye de les dissuader en envoyant ses sbires, nous n’abandonnerons pas ».  Mariah nous dit qu’elle souhaiterait quitter le Yémen pour travailler « n’importe où, ailleurs, dans le monde » mais ce n’est  pas possible pour l’instant.

Une réalité bouleversante mais...

« Nous sommes  vite rattrapés par la réalité, une réalité qui comporte la perte d’êtres chers et de nombreux échecs ». 

Même si les manifestants sont « protégés par l’armée », la situation peut vite dégénérer : « mon voisin a été exécuté d’une balle dans la tête parce qu’il  voulait manifester malgré de nombreux  avertissements des autorités… »

   « L’opposition veut utiliser la révolution » et elle ne leur accorde pas sa confiance. Malgré les nombreuses manifestations, Mariah précise que selon elle ce contexte de tension et de révolution « va durer très longtemps ».

... le dénouement est peut-être proche !

Malgré tout, elle ne se décourage pas. Mariah a confiance en une évolution positive des événements qui se fera si « il y a plus d’étudiants qui y participent » et si l’information « est largement diffusée ».
Après 33 ans, à la tête du pays, Ali Abdallah Saleh a annoncé qu’il quittera ses fonctions et a demandé « pardon » à sa nation.
Ses excuses ne suffisent certainement pas à combler la perte des camarades de Mariah, mais désormais une évolution des choses est envisageable.
Espérons que cette évolution soit positive ! 

 

Zafiirah Mahamudally